
Dans le quartier de La Madeleine, à L’Aigle (Orne), les travaux de démolition et de rénovation suscitent la colère de plusieurs habitants. Entre les nuisances sonores, la poussière, les difficultés de stationnement et les accès parfois entravés, les riverains dénoncent un quotidien devenu éprouvant. Alors que de nouveaux chantiers sont annoncés, ils s’inquiètent de voir cette situation se prolonger.
« Du bruit, de la poussière, c’est infernal »
Depuis le 11 mai 2026, les habitants du quartier de La Madeleine vivent au rythme des travaux. Ce jour-là, la démolition de la tour Jules-Romains a commencé. Après le désamiantage, les engins ont progressivement abattu le bâtiment, entraînant plusieurs semaines de bruit et de poussière.
La période estivale a rendu ces nuisances particulièrement difficiles à supporter. En pleine canicule, certains habitants expliquent avoir dû garder leurs fenêtres fermées pour éviter que la poussière ne pénètre dans leurs logements.
Mais la disparition de la tour n’a pas mis fin aux désagréments. Le concassage des gravats continue de provoquer du bruit et des poussières, malgré les mesures d’arrosage censées en limiter la dispersion.
Les riverains redoutent également de voir le chantier s’éterniser. Initialement prévue pour le 30 septembre, la fin des travaux a été repoussée au 15 octobre. Pour plusieurs habitants, cette nouvelle échéance risque encore de ne pas être tenue.
Des accès compliqués et des stationnements saturés
Au-delà des nuisances liées à la démolition, les habitants dénoncent un manque de coordination entre les différents chantiers du quartier.
Les travaux de raccordement du chauffage au bâtiment Pascal ont notamment coïncidé avec la réfection du parking du Mauriac. La pose de grilles destinées à sécuriser les zones en travaux a alors compliqué les déplacements et certains accès.
Plusieurs riverains racontent avoir rencontré des difficultés pour rejoindre les conteneurs à poubelles, au point de devoir parcourir environ un kilomètre aller-retour pour déposer leurs déchets ailleurs. Une situation particulièrement pénible pour les personnes âgées ou celles qui ont des difficultés à se déplacer.
La fermeture temporaire de la voie menant au bâtiment Pascal a également réduit les possibilités de stationnement. Le parking situé derrière le bâtiment Descartes, qui ne dispose que d’une dizaine de places, a accueilli jusqu’à une vingtaine de véhicules selon les témoignages recueillis par Le Réveil Normand. Certains habitants expliquent avoir préféré renoncer à prendre leur voiture pour ne pas perdre leur place de stationnement.
Les grilles installées près du bâtiment Pascal ont finalement été retirées jeudi 15 octobre, mettant fin à cet épisode de restrictions d’accès.
Une intervention d’ambulance difficile, des habitants inquiets
Les entraves à la circulation ont aussi soulevé des inquiétudes concernant l’accès des secours. Selon les habitants cités par le journal, une ambulance n’a pas pu s’approcher au plus près d’un immeuble pour prendre en charge une personne malade. L’incident aurait été évoqué lors d’un conseil municipal.
Cet épisode alimente la crainte de certains riverains face à une éventuelle urgence. Ils s’interrogent notamment sur les conditions d’accès des pompiers en cas d’incendie.
Ces témoignages mettent en lumière les difficultés rencontrées pendant les travaux, sans permettre à eux seuls de conclure que les secours auraient été incapables d’intervenir dans toutes les configurations.
De nouveaux chantiers attendus dans le quartier
Pour les habitants, les difficultés ne sont pas nécessairement terminées. La démolition de l’école maternelle de La Ribambelle est envisagée au plus tôt à la fin de l’année 2026, et plus probablement au début de 2027.
D’autres opérations doivent également suivre, notamment la construction de logements sur les emprises de Jules-Romains, de l’école et des Sapinettes. Les riverains craignent donc de devoir encore vivre au milieu des engins, du bruit et de la poussière.
Certains déplorent par ailleurs un éclairage public insuffisant dans des secteurs où les travaux semblent pourtant terminés. Rue Jean-Baptiste-Biot, où des habitants se sont reportés pour stationner, ils jugent la visibilité insuffisante et s’inquiètent de la vitesse de certains véhicules.
Excédés par l’accumulation des désagréments, plusieurs riverains évoquent même la possibilité de réclamer des indemnités. Ils demandent surtout une meilleure coordination des chantiers et une prise en compte plus importante de leurs conditions de vie, alors que la transformation du quartier doit encore se poursuivre.