Alors que la journée de samedi du 17 octobre a été émaillée d’affrontements intenses à Angers, 15 policiers ont été blessés et 17 personnes ont été arrêtées. Selon nos informations, plusieurs individus auraient aussi tenté de forcer l’entrée du commissariat de quartier de la Roseraie, à Angers.

Nouvel épisode de tensions à Angers. Dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 octobre 2026, le commissariat de quartier de la Roseraie a été pris pour cible par plusieurs individus.
Selon nos informations, ces derniers ont tenté de soulever la grille métallique de la porte d’entrée afin de pénétrer à l’intérieur du bâtiment. Les circonstances précises de cette tentative d’intrusion restent à établir.
Cette attaque intervient dans un contexte particulièrement tendu dans le centre-ville d’Angers, marqué par les violences urbaines survenues samedi 17 octobre. Plusieurs commerces ont notamment été pillés ou dégradés au cours de cette soirée.
« De mémoire de policier, nous n’avons jamais vu ça »
De son côté, Jérôme Hanarte, secrétaire départemental du syndicat Alliance police nationale, peine encore à mesurer ce qui s’est produit. Entre 10 h et 23 h, les forces de l’ordre ont été confrontés à des groupes de casseurs qui s’en sont pris aux policiers, aux commerces et à plusieurs bâtiments.
« Nous étions 15 ou 20 face à 150 individus », résume-t-il, évoquant des situations dans lesquelles les policiers se sont retrouvés très largement en infériorité numérique. Selon lui, les groupes les plus importants auraient rassemblé plusieurs centaines de personnes, dont certaines venues de l’extérieur d’Angers.
Face à cette situation, des policiers de la Mayenne sont venus en renfort, ainsi que des gendarmes. Une mobilisation qui n’a pas empêché les affrontements de se poursuivre pendant une grande partie de la journée jusqu’à tard dans la soirée.
Des policiers blessés et des stocks de lacrymogènes presque épuisés
Selon nos informations, 15 policiers ont été blessés à Angers et il y a eu 17 interpellations. Le syndicaliste décrit des conditions d’intervention particulièrement difficiles, au point d’évoquer une quasi-rupture des stocks de grenades lacrymogènes. Les policiers ont dû contenir les groupes violents tout en tentant de protéger les commerces et les bâtiments publics.
« Il y a eu 500 ou 600 casseurs qui ne venaient pas que d’Angers », déplore-t-il. Au-delà des blessures et des dégâts matériels, Jérôme Hanarte insiste sur le caractère exceptionnel de cette journée. « Personne n’a peur en soi, mais il y a une forme d’inquiétude. Comment on fait concrètement ? », interroge-t-il.
Le syndicaliste cite notamment les dégradations commises dans des bâtiments publics et l’intrusion dans la préfecture. À ses yeux, les événements auraient pu prendre une tournure encore plus grave. « À dix minutes près, on se retrouvait comme à Limoges », affirme-t-il, en référence à l’incendie qui a entièrement ravagé la mairie.
Une comparaison qui traduit, selon lui, le sentiment d’avoir frôlé un point de bascule. « On a vécu quelque chose d’inédit. Nous sommes terrassés et accablés devant une telle violence gratuite », poursuit-il.
Toujours un manque de moyens ?
Jérôme Hanarte refuse de placer son intervention sur le terrain partisan. Mais, en tant que syndicaliste policier, il estime que les événements de samedi imposent de s’interroger sur les moyens dont disposent les forces de l’ordre pour répondre à de telles violences.
« Je ne suis pas là pour faire de la politique, mais vu ce qui se passe, nous ne sommes pas assez nombreux », affirme-t-il. Pour lui, deux pistes doivent être examinées : adapter la doctrine d’intervention ou renforcer les moyens humains et matériels.
Il réclame également une réponse judiciaire ferme à l’encontre des auteurs de violences et de dégradations. « Dans tous les cas, il faut punir sévèrement. Tolérance zéro comme pour les délinquants de la route », martèle-t-il.
Le syndicaliste souligne le rôle des policiers dans la protection des institutions et des habitants, alors que les agents ont dû intervenir sur plusieurs points du centre-ville. « On peut admirer le travail des policiers, car nous sommes les derniers remparts dans une société qui fout le camp », lance-t-il.
Une interrogation demeure pour le représentant des policiers, au lendemain de cette journée de chaos : « C’est quoi l’étape d’après ? »
Pour Jérôme Hanarte, les violences de samedi constituent un avertissement sur la capacité des forces de l’ordre à faire face à des débordements d’une telle ampleur.