
Après les épisodes de canicule et de sécheresse de l’été 2026, plusieurs routes départementales de la Vienne se fissurent ou s’affaissent. Le phénomène de retrait-gonflement des argiles fragilise les chaussées, notamment autour de Poitiers, dans le Loudunais et le Montmorillonnais. Le Département a débloqué 140 000 euros supplémentaires pour financer les premières interventions d’urgence.
Des chaussées qui s’affaissent après la sécheresse
Les conséquences de la sécheresse ne se limitent pas aux jardins, aux cultures ou aux maisons fissurées. Dans la Vienne, les routes départementales subissent elles aussi les effets des fortes chaleurs et du manque d’eau.
Du 5 au 9 octobre 2026, les agents du service des routes du Département sont intervenus sur la D95, entre La Villedieu-du-Clain et Nieuil-l’Espoir. Au lieu-dit Les Touches, sur la commune des Roches-Prémarie-Andillé, la chaussée s’était affaissée de plusieurs centimètres par endroits.
Des travaux d’urgence ont été engagés pour sécuriser cette portion particulièrement fréquentée. Selon Bruno Guichard, responsable adjoint de l’agence territoriale Centre, environ 1 300 véhicules empruntent quotidiennement cet axe, dont des poids lourds se rendant au centre d’enfouissement de déchets non dangereux de Gizay.
Mais au-delà du trafic, c’est surtout l’état des sols qui explique ces déformations.
Le retrait-gonflement des argiles accentué par les fortes chaleurs
La Vienne est particulièrement exposée au phénomène de retrait-gonflement des argiles. Lorsque les sols argileux s’assèchent, ils se rétractent. À l’inverse, ils gonflent lorsqu’ils se réhydratent. Ces mouvements peuvent fragiliser les infrastructures construites au-dessus, provoquer des fissures et entraîner des différences de niveau sur les chaussées.
Le phénomène concerne notamment le Loudunais, le Montmorillonnais et les environs de Poitiers. Les épisodes de canicule et de sécheresse observés en 2026 ont accentué ces mouvements de terrain.
« Depuis août, ça prend une ampleur importante, les routes se déforment de plus en plus », alerte Gilbert Beaujaneau, vice-président du Département chargé des routes.
Les dégâts constatés sur la D95 pourraient donc n’être qu’une partie des dégradations à surveiller. La collectivité a demandé à ses services de dresser un état des lieux du réseau afin d’identifier les secteurs nécessitant une intervention rapide.
140 000 euros supplémentaires débloqués pour les réparations
Face à cette situation, le Département a voté, le 25 septembre 2026, une enveloppe supplémentaire de 140 000 euros consacrée aux réparations urgentes des routes, dans le cadre d’une décision modificative du budget.
Cette somme reste limitée au regard des 40 millions d’euros consacrés chaque année au réseau routier départemental. À elle seule, l’intervention sur la D95 représente 33 300 euros, soit près d’un quart de cette enveloppe supplémentaire.
Les équipes départementales réalisent les travaux en régie, avec les agents des centres d’exploitation et du pôle travaux. Les interventions consistent notamment à colmater les fissures, reprendre les accotements et remettre en état les parties déformées de la chaussée.
Sur la D95, les agents utilisent notamment de l’enrobé à froid et un finisseur d’intervention rapide pour sécuriser la route.
Des réparations durables qui dépendront de l’évolution des sols
Ces interventions d’urgence ne règlent pas nécessairement le problème sur le long terme. Des travaux plus durables, notamment sur les couches de roulement, pourront être réalisés lorsque les mouvements du terrain se seront stabilisés.
Or, le retour des pluies pourrait lui aussi compliquer la situation. La réhydratation des sols argileux entraîne leur gonflement, ce qui risque de provoquer de nouvelles déformations.
Les agents du Département doivent donc continuer à surveiller le réseau routier et à intervenir sur les secteurs les plus fragilisés. L’enjeu est de maintenir des conditions de circulation sûres alors que les épisodes de sécheresse et leurs conséquences sur les infrastructures pèsent sur l’entretien des routes.