Le prix du porc chute brutalement dans l’Ouest : les éleveurs craignent pour l’avenir de la filière française

Le prix du porc est passé de 1,90 à 1,62 euro le kilo en quelques semaines. Une baisse brutale qui inquiète les éleveurs, notamment en Bretagne, dans les Pays de la Loire et en Normandie. À la veille des négociations commerciales, leurs représentants mettent en garde contre un nouvel affaiblissement de la production française et réclament une rémunération suffisante pour les producteurs.

Le prix du porc a chuté de près de 15 % en quelques semaines. Les éleveurs de l’Ouest alertent avant les négociations commerciales.

La chute est rapide et les conséquences pourraient être importantes pour les élevages. Selon les chiffres communiqués par le Comité régional porcin des Pays de la Loire, le Comité régional porcin de Bretagne et l’ARIP Normande, le cours du porc au Marché du Porc Français (MPF) est passé de 1,90 euro par kilo en semaine 37 à 1,62 euro en semaine 42. Soit une diminution de 28 centimes, près de 15 % en quelques semaines.

Cette baisse intervient alors que les éleveurs doivent continuer à payer l’alimentation animale, le transport et les autres dépenses nécessaires à leur activité. Les conséquences de la sécheresse et des mauvaises récoltes pèsent également sur les coûts de production.

Les trois organisations professionnelles redoutent un scénario comparable à celui de 2022, lorsque la baisse du prix de vente s’était accompagnée d’une augmentation des charges. Un effet de ciseau particulièrement difficile à supporter pour les exploitations.

« Une stratégie suicidaire pour l’ensemble de la filière porcine française »

C’est à l’approche des négociations commerciales que les organisations ont choisi de faire entendre leur inquiétude. Elles craignent que la baisse des cours serve à accentuer la pression sur les prix payés aux producteurs, alors que les coûts supportés par les élevages restent élevés.

Dans leur communiqué commun, les représentants de la filière emploient des termes particulièrement fermes : « La stratégie consistant à faire peser l’ajustement économique sur les producteurs est suicidaire pour l’ensemble de la filière porcine française. »

Leur demande porte sur la prise en compte de l’ensemble des dépenses engagées par les éleveurs au moment des discussions commerciales. Les organisations citent notamment les conséquences de la sécheresse et des mauvaises récoltes sur l’alimentation animale, mais aussi la hausse des coûts du transport et des autres postes de dépenses.

Derrière cette alerte, une question économique : si le prix payé aux producteurs diminue alors que leurs charges restent élevées, leur capacité à maintenir leur activité et à investir risque de se dégrader.

De la Bretagne à la Normandie, la rémunération des éleveurs en question

L’alerte concerne un bassin de production qui dépasse les frontières d’une seule région. La Bretagne, les Pays de la Loire et la Normandie comptent parmi les territoires concernés par les enjeux de l’élevage porcin dans l’Ouest.

Les organisations rappellent que la filière française dispose de savoir-faire reconnus, d’élevages ancrés dans les territoires et d’une demande pour les produits français. Mais ces atouts ne garantissent pas à eux seuls la pérennité des exploitations.

Dans leur communiqué, elles insistent sur le lien entre le prix payé aux producteurs et l’avenir de la production nationale : « Conserver une production porcine française forte et durable passe nécessairement par une juste rémunération des producteurs ! »

Le message s’adresse à l’ensemble des acteurs économiques de la filière. Les éleveurs ne peuvent, selon les organisations, être les seuls à absorber les conséquences des évolutions du marché. Les industriels, les distributeurs et les autres maillons de la chaîne sont également appelés à prendre leurs responsabilités.

La production française face au risque des importations

Au-delà de la rémunération des exploitations, les signataires soulèvent un enjeu plus large : celui de la souveraineté alimentaire. Une production française fragilisée pourrait laisser davantage de place aux viandes importées et rendre le marché national plus dépendant des approvisionnements étrangers.

« En fragilisant les producteurs français, nous allons déstabiliser durablement notre production nationale et rendre notre alimentation toujours plus dépendante des importations », préviennent les trois organisations.

Cette inquiétude donne une portée nationale à leur alerte. Pour les représentants de la filière, préserver l’élevage porcin français suppose de maintenir des exploitations économiquement viables, capables de poursuivre leur activité et de répondre à la demande des consommateurs.

Le communiqué se termine par un appel à la responsabilité collective : « Les négociations commerciales ne doivent pas se faire au détriment des éleveurs. »

Les trois organisations demandent ainsi que les négociations à venir ne se traduisent pas par une nouvelle dégradation de la rémunération des producteurs. Dans l’Ouest comme ailleurs en France, l’évolution des cours et les conditions commerciales pèseront sur les perspectives économiques des élevages.

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