
Ce lundi 26 octobre, à 18 h, des habitants et des militants se sont rassemblés devant la mairie d’Angers pour rendre hommage aux victimes de l’attaque à Trappes et réaffirmer leur opposition au racisme.
La voix chargée d’émotion, Djamel Blanchard, militant antiraciste depuis des années à Angers, a pris la parole devant les personnes réunies ce soir pour rendre hommage aux victimes de l’attaque à Trappes. Militant des quartiers, il a voulu rappeler la gravité du moment et la nécessité de poursuivre les combats contre le racisme.
« J’ai une pensée pour les victimes », a-t-il lancé, avant de laisser transparaître sa colère. « J’ai un peu la haine aussi », a-t-il reconnu, les mots empreints d’une émotion difficile à contenir.
Pour le militant, ce drame s’inscrit dans une histoire plus longue, celle de luttes menées depuis des années contre le racisme et les discriminations. « Ça fait des années qu’il y a des luttes sans que ça n’émeuve personne », a-t-il rappelé, avec le sentiment que le chemin reste encore long.
Dans son intervention, Djamel Blanchard a également tenu à adresser une pensée à la Guadeloupe et à celles et ceux qui, là-bas, continuent de se mobiliser. Une manière d’élargir son propos au-delà de Trappes et de rappeler que les combats contre les injustices et les discriminations dépassent les frontières d’un territoire
Des élus d’opposition ne participent pas au début du conseil municipal
Au-delà du rassemblement, la question a également suscité des tensions au sein du conseil municipal. Des élus municipaux d’opposition ont quitté la séance pour marquer leur désaccord avec la décision du maire de ne pas organiser de rassemblement en hommage aux victimes et en solidarité avec leurs proches, ni de décaler le début du conseil municipal afin de permettre aux élus d’y participer.
Une minute de silence a toutefois été observée au sein du conseil municipal. « Comme le maire a refusé de décaler le début du conseil, nous sommes sortis pour y participer », a commenté Noam Leandri, conseiller municipal d’opposition.
De son côté, Aykel Garbaa, lui aussi élu d’opposition du groupe Demain Angers, a tenu à s’exprimer : « Je ne perçois pas cette volonté collective de suspendre, quelques instants, le cours de nos vies, de nous retrouver dans la rue, de nous rassembler et de nous rappeler que nous faisons société ensemble. Pas de rassemblement, pas de drapeaux en berne, pas d’allocution présidentielle. Pas même un message adressé aux communautés musulmane, chrétienne, africaine et maghrébine. Rien. Ou si peu. Le minimum syndical. »
À travers ce rassemblement, les participants ont voulu faire entendre un message : ne pas laisser la peur, la colère ou la haine prendre le dessus, mais se retrouver pour rendre hommage aux victimes et réaffirmer leur refus du racisme.