
La sécheresse continue d’avoir des conséquences sur les milieux aquatiques en Vendée. Depuis le vendredi 23 octobre 2026, deux nouveaux secteurs sont interdits à la pêche : le lac de Pierre-Brune, à Vouvant, et la partie amont du lac d’Apremont. Ces nouvelles restrictions portent à une quinzaine le nombre de plans d’eau concernés dans le département. Malgré les précipitations des derniers jours, les niveaux d’eau restent particulièrement bas, menaçant la survie de nombreuses espèces de poissons.
Deux nouveaux secteurs interdits à la pêche en Vendée
La Fédération de pêche de Vendée a décidé d’étendre les restrictions pour protéger les poissons ayant survécu aux fortes chaleurs de l’été. Depuis le 23 octobre, la pêche est interdite sur le lac de Pierre-Brune, à Vouvant, ainsi que sur la partie amont du lac d’Apremont. Au total, une quinzaine de plans d’eau font désormais l’objet d’interdictions partielles ou totales dans le département. Ces mesures concernent notamment des retenues utilisées pour l’alimentation en eau potable, dont le taux de remplissage moyen ne dépasse pas 30 %. Des niveaux particulièrement faibles pour cette période de l’année, qui fragilisent les populations aquatiques et rendent nécessaire la limitation des activités de pêche.
Près de 50 mm de pluie, mais des réserves toujours insuffisantes
Les précipitations enregistrées ces derniers jours n’ont pas permis de compenser les conséquences de plusieurs mois de sécheresse. À La Roche-sur-Yon, près de 50 mm de pluie sont tombés en une semaine, contribuant à humidifier les sols et les berges des cours d’eau. Mais selon Arnaud Tanguy, directeur de la Fédération de pêche de Vendée, le retour à des niveaux satisfaisants prendra du temps. Les petites retenues situées en amont doivent d’abord se remplir avant de pouvoir déverser leur surplus vers les plans d’eau et les rivières situés plus bas. « C’est vraiment un effet domino et ça met beaucoup de temps », explique-t-il. Ce fonctionnement ralentit considérablement la reconstitution des réserves, alors que de nombreux cours d’eau se sont retrouvés totalement asséchés pendant l’été.
Une biodiversité aquatique menacée par les sécheresses répétées
Les conséquences de cette situation pourraient se prolonger bien au-delà de l’automne. Dans certains secteurs, le retour des poissons sera particulièrement difficile, notamment lorsque des ouvrages empêchent leur circulation entre les différents cours d’eau. Arnaud Tanguy souligne également que plusieurs espèces, comme le chevesne, la vandoise ou le vairon, ne peuvent pas être facilement réintroduites grâce à des élevages en pisciculture. Leur disparition locale pourrait donc avoir des conséquences durables sur les écosystèmes. « C’est toute notre biodiversité qui s’évapore petit à petit au fil des sécheresses qu’on a maintenant tous les étés », déplore le directeur de la fédération, inquiet de voir les épisodes de sécheresse se répéter et fragiliser davantage les populations de poissons.
Des mares et des étangs pour mieux conserver l’eau
Pour limiter les conséquences des prochaines périodes de sécheresse, la Fédération de pêche de Vendée appelle les pêcheurs et ses partenaires, notamment les agriculteurs, à participer à la reconstitution de petites mares et de petits étangs. L’objectif est de retenir davantage l’eau dans les milieux naturels afin d’éviter qu’elle ne rejoigne trop rapidement les rivières puis la mer. Ces réserves pourraient également constituer des refuges pour les poissons lors des épisodes de fortes chaleurs. La fédération espère ainsi préserver les espèces les plus vulnérables et améliorer la résistance des milieux aquatiques face aux sécheresses estivales. La liste des secteurs concernés par les interdictions reste disponible sur le site de la Fédération de pêche de Vendée.