
Portées par la reprise en Chine, les ventes de cognac de Rémy Cointreau ont progressé de 10,3 % au premier semestre 2026-2027. Mais en Charente, la filière reste fragilisée par la baisse des achats de raisins et les mesures d’économies du groupe.
Après Hennessy, qui a annoncé mardi des résultats encourageants, Rémy Cointreau affiche à son tour une progression de ses ventes. Ce mercredi 28 octobre 2026, le groupe a présenté un chiffre d’affaires semestriel de 510,9 millions d’euros, en hausse organique de 2,9 %.
Le marché asiatique tire les ventes vers le haut
La division cognac, qui regroupe notamment Rémy Martin et Louis XIII, enregistre une hausse de 10,3 %, à 338,7 millions d’euros, contre 300,2 millions un an plus tôt. Au deuxième trimestre, le chiffre d’affaires du groupe a même progressé de 12,4 % en organique.
Cette performance s’explique notamment par l’accélération des ventes en Asie-Pacifique, particulièrement en Chine, à l’occasion du Mid-Autumn Festival. Les cognacs Rémy Martin XO et VSOP ont contribué à cette dynamique.
L’Amérique latine et la région Europe-Moyen-Orient-Afrique affichent également une progression. En revanche, les ventes restent en recul sur le continent américain, notamment en raison des déstockages aux États-Unis et des droits de douane.
Les viticulteurs toujours fragilisés par la crise
Malgré ces résultats positifs, la reprise commerciale ne signifie pas la fin des difficultés pour la filière charentaise, frappée depuis cinq ans par une forte baisse des ventes.
Pour s’adapter, Rémy Martin a réduit de 20 % en 2026 les volumes prévus dans ses contrats pluriannuels avec les viticulteurs partenaires. Une décision qui pèse sur les exploitations locales, déjà confrontées aux difficultés d’écoulement de leur production.
Chômage partiel et départs volontaires
Les salariés sont également concernés par les mesures d’adaptation. Rémy Martin a mis en place du chômage partiel dès 2025. En 2026, Rémy Cointreau a lancé un plan de départs volontaires, plaçant sa maison de cognac en première ligne.
Si les résultats semestriels apportent un signal encourageant, le rebond devra se confirmer pour que ses effets se fassent sentir durablement en Charente, auprès des viticulteurs comme des salariés.