Après 130 ans d’histoire, cette célèbre usine de madeleines ferme en Charente-Maritime

Image d’illustration © Sipa

À Pons, l’usine historique de madeleines Colibri a arrêté sa production cette semaine. Le groupe Roullier transfère l’activité à Derval, en Loire-Atlantique, laissant une soixantaine de salariés face au licenciement selon ICI. La municipalité dénonce un « immense gâchis ».

La production transférée en Loire-Atlantique

C’est une page de l’histoire industrielle de Pons qui se tourne. Fondée en 1895, l’usine Colibri, connue pour ses madeleines enrobées de chocolat, a arrêté ses machines mercredi 28 octobre 2026. La fin de semaine est consacrée au nettoyage des locaux.

Propriété du groupe breton Roullier, via sa filiale Paticeo, l’entreprise ferme après plus de 130 ans d’activité. La marque Colibri continuera d’exister, mais sa production est transférée dans une nouvelle usine à Derval, en Loire-Atlantique.

Seule une poignée d’ouvriers suivra les machines. Pour l’essentiel des 60 salariés du site, cette décision signifie un licenciement.

La maire de Pons, Fabienne Dugas-Raveneau, dénonce un « immense gâchis ». Elle affirme avoir présenté au groupe un repreneur potentiel pour l’usine et la marque, sans que celui-ci puisse examiner le dossier.

« Roullier nous disait qu’ils lâcheraient la marque et la production de la madeleine, mais on a bien vu qu’en fait, c’est ça qui bloquait », regrette l’élue.

Un site estimé à 3 millions d’euros

La maire conteste également les choix économiques du groupe, estimant qu’il aurait pu investir dans l’usine existante plutôt que de construire un nouveau site en Loire-Atlantique, dont le coût serait quatre fois supérieur.

Pour les salariés, les conséquences sont importantes. Selon les éléments communiqués, les indemnités de licenciement sont accompagnées de clauses leur interdisant de s’exprimer dans les médias.

La municipalité espère désormais racheter les locaux, situés dans le centre-ville de Pons. Mais leur valeur, estimée à 3 millions d’euros par Roullier, est jugée excessive par Fabienne Dugas-Raveneau, qui dénonce les dégâts économiques et sociaux de cette fermeture.

Pour relancer l’activité, l’élue souhaite implanter rapidement sur le site un projet en lien avec les filières enseignées au lycée Émile-Combes de Pons.

Quitter la version mobile