Après les débordements des 17 et 24 octobre, la préfecture de Maine-et-Loire renforce les mesures de sécurité à Angers. Les rassemblements, cortèges et attroupements seront interdits dans une large partie du centre-ville ce samedi 31 octobre, jusqu’au dimanche 1er novembre à 7 heures. Le port de certains objets, dont les sacs à dos dans des périmètres définis, sera également prohibé.

La perspective d’un nouveau samedi sous tension se précise à Angers. Face aux appels à rassemblement qui circulent sur les réseaux sociaux, le préfet de Maine-et-Loire, François Pesneau, a décidé de prendre de nouvelles mesures pour prévenir d’éventuels débordements. Une décision qui intervient après deux épisodes marqués par des violences et des dégradations dans la capitale angevine.
Dans son communiqué publié vendredi 30 octobre, la préfecture justifie ces restrictions par les événements des 17 et 24 octobre. Des groupes de casseurs avaient notamment pénétré dans plusieurs bâtiments publics, dont la mairie, la préfecture et la gare. Des commerces et des agences avaient également été dégradés. Les affrontements du 17 octobre avaient fait 21 blessés parmi les forces de l’ordre.
La situation reste donc prise au sérieux par les autorités. La préfecture indique que de nouveaux appels à rassemblement et à manifestation circulent sur les réseaux sociaux pour ce samedi, alors qu’aucune déclaration préalable n’a été déposée.
Une partie importante du centre-ville interdite aux rassemblements
La mesure principale concerne le cœur d’Angers. Du samedi 31 octobre au dimanche 1er novembre à 7 heures, les rassemblements, cortèges, défilés et attroupements seront interdits dans le périmètre défini par l’arrêté préfectoral, englobant l’hyper centre-ville à la gare, jusqu’à la place Ney et l’Avenue Montaigne.
La zone concernée est matérialisée en violet sur la carte annexée au communiqué. Elle couvre une partie importante du centre-ville et doit permettre aux forces de l’ordre de prévenir la formation de nouveaux rassemblements susceptibles de dégénérer.
La préfecture explique vouloir « prévenir les violences, protéger les habitants, les commerçants et les usagers de l’espace public, ainsi que les institutions ».
Armes, artifices, carburants : les objets interdits dans toute la ville
Les restrictions ne concernent pas uniquement le centre-ville. Sur l’ensemble de la commune d’Angers, le port et le transport de plusieurs catégories d’objets sont également interdits pendant la période fixée par l’arrêté.
Sont notamment visés les armes et objets pouvant être utilisés comme des armes, les articles pyrotechniques et artifices de divertissement concernés par l’arrêté, mais aussi les carburants, produits et gaz inflammables ou corrosifs, quel que soit leur contenant.
Les équipements de protection destinés à faire obstacle aux moyens utilisés par les forces de l’ordre sont également concernés. Les déguisements dissimulant le visage sont eux aussi interdits.
Autre disposition à connaître pour les personnes qui souhaitent se déplacer dans le centre-ville : le port de sacs à dos est prohibé dans les périmètres précisément délimités par l’arrêté préfectoral.
« Le droit de manifester est une liberté fondamentale »
Dans son communiqué, la préfecture tient néanmoins à rappeler que ces mesures ne constituent pas une remise en cause du droit de manifester.
Elle précise ainsi : « Le droit de manifester est une liberté fondamentale, qu’il n’est pas question de remettre en cause. Il doit toutefois s’exercer dans le respect de la loi et des règles destinées à garantir la sécurité de tous. »
Les services de l’État rappellent également les règles applicables aux manifestations sur la voie publique. Celles-ci doivent faire l’objet d’une déclaration préalable auprès de la préfecture, entre trois et quinze jours francs avant leur tenue.
Face aux risques identifiés pour le week-end, le préfet entend éviter une répétition des scènes de violences observées en octobre.
La préfecture conclut son communiqué par un appel à la responsabilité : « Face aux risques identifiés pour ce week-end, les mesures prises visent à prévenir de nouvelles violences et dégradations et à assurer la sécurité des habitants, des commerçants, des manifestants et de l’ensemble des usagers de l’espace public. »
François Pesneau appelle enfin chacun à respecter les dispositions de l’arrêté préfectoral.
Les restrictions entreront en vigueur samedi 31 octobre et prendront fin dimanche 1er novembre à 7 heures.