Maine-et-Loire. Trois plaintes au périscolaire, dont une pour viol sur une fillette de 3 ans : un élu brise le silence sur la gestion de l’affaire

Illustration / L'accueil périscolaire de Noyant-Villages au cœur des inquiétudes de plusieurs familles après le dépôt de trois plaintes.
Illustration / Après trois plaintes au périscolaire, Laurent Bourdeau révèle ses désaccords avec le maire et annonce une nouvelle étape dans cette affaire.

À Noyant-Villages, l’affaire du périscolaire prend une nouvelle tournure. Après la révélation de trois plaintes, dont une pour viol sur une enfant de trois ans, les familles réclament des garanties sur la sécurité des enfants. Mais le dossier dépasse désormais le cadre judiciaire. Dans une lettre ouverte au maire Adrien Denis, Laurent Bourdeau, maire délégué de Parçay-les-Pins, met directement en cause la gestion municipale de cette affaire. Il révèle avoir lui-même demandé des mesures d’éloignement concernant un agent et dénonce un désaccord qui a débouché sur son éviction de la délégation aux affaires sociales. Une crise de confiance qui secoue désormais la commune.

Une plainte pour viol sur une enfant de trois ans

L’affaire trouve son origine dans des faits présumés qui se seraient déroulés le mercredi 30 septembre 2026, au sein du service périscolaire de Noyant-Villages. Selon les éléments communiqués par les parents par l’intermédiaire du Collectif Vigilance Périscolaire Noyant, une fillette âgée de trois ans aurait présenté des constatations physiques préoccupantes après avoir fréquenté la structure.

Ses parents ont déposé une plainte contre X le 1er octobre, enregistrée sous la qualification de viol sur mineure de moins de 15 ans. L’enfant a fait l’objet d’une prise en charge hospitalière et d’un examen médico-légal.

Les faits dénoncés auraient pu se produire pendant la période où la petite fille était confiée à l’accueil périscolaire, entre 9 heures et 18 heures. Les circonstances précises restent à établir par les enquêteurs.

Mais cette plainte ne serait pas isolée. Selon les informations publiées par Le Courrier de l’Ouest, trois plaintes ont été déposées en lien avec le périscolaire communal, les 1er et 26 octobre. Parmi elles figurent également une plainte pour voyeurisme et mise en danger de la vie d’autrui.

À ce stade, aucun auteur n’a été publiquement identifié et aucune culpabilité n’est établie. Les qualifications mentionnées correspondent aux plaintes et ne constituent pas des faits judiciairement démontrés.

Les parents dénoncent une absence de réponses rapides

La révélation de ces plaintes a provoqué une mobilisation de familles qui demandent désormais des explications à la municipalité.

Dans un communiqué, le Collectif Vigilance Périscolaire Noyant revient notamment sur la situation de la famille de la fillette de trois ans. Les parents affirment ne pas avoir été reçus officiellement par le maire dans les jours qui ont suivi les faits.

Selon leur témoignage, c’est le père qui a contacté personnellement la maire déléguée de sa commune dès le 1er octobre, au lendemain des faits présumés. Lorsqu’il aurait demandé à connaître l’identité des animateurs présents le 30 septembre, cette information lui aurait été refusée.

La famille indique que la première proposition de rencontre du maire serait intervenue le 26 octobre, soit 26 jours après les faits. Une initiative qui aurait suivi l’envoi d’un courrier demandant des documents et des explications précises sur les démarches engagées par la commune.

« Nous ne refusons pas le dialogue. Mais le dialogue ne peut se substituer aux réponses écrites, aux actes concrets et aux garanties de protection que nous demandons depuis plusieurs semaines », écrivent les parents.

Dans l’attente de réponses, ils ont décidé de désinscrire leur fille du périscolaire et de la cantine scolaire.

Le collectif réclame notamment l’examen de mesures conservatoires concernant l’agent visé par une plainte, un encadrement renforcé des enfants, davantage de transparence sur les effectifs et des explications sur d’éventuelles alertes antérieures, que les familles situent dès juin 2026.

Laurent Bourdeau révèle un désaccord au sein de la municipalité

C’est un nouveau volet de l’affaire qui apparaît avec la publication d’une lettre ouverte de Laurent Bourdeau, maire délégué de Parçay-les-Pins et conseiller municipal de Noyant-Villages.

L’élu explique avoir été alerté le 15 octobre par des parents au sujet de faits signalés concernant un enfant et de la manière dont les services municipaux avaient géré la situation.

Il affirme avoir alors découvert que les faits remontaient au mois de juin et que des plaintes pour violences sexuelles sur enfant s’accumulaient. Selon lui, la plupart des adjoints et des maires délégués n’auraient pas été informés.

« La protection des enfants doit être notre priorité », écrit-il, en expliquant que son désaccord avec le maire porte précisément sur la manière de gérer les risques et de répondre aux inquiétudes des familles.

Laurent Bourdeau insiste toutefois sur un point : demander des mesures de précaution ne signifie pas désigner un coupable.

« Protéger les enfants et préserver les droits d’un agent ne sont pas deux objectifs incompatibles », affirme-t-il.

L’élu explique avoir demandé à la cheffe du service petite enfance des mesures d’éloignement temporaires concernant l’agent concerné, notamment pour le périscolaire de Parçay-les-Pins. Une demande qu’il présente comme une mesure de précaution destinée à prévenir les tensions et à restaurer la confiance des familles.

Le maire annonce le déplacement de l’agent au siège de la commune

Le passage le plus important de cette lettre concerne la décision annoncée par Adrien Denis le jeudi 29 octobre.

Laurent Bourdeau rapporte les propos du maire, qui aurait indiqué : « J’ai demandé aujourd’hui […] de positionner l’agent en question au siège de NV en lui conservant ses fonctions […] mais en le mettant à l’abri d’éventuel comportement déplacé voire violent d’un parent ou de toute autre personne. »

Le maire aurait également évoqué une possible « chasse à l’homme », estimant que l’attitude de l’opposition pouvait favoriser ce risque.

Pour Laurent Bourdeau, cette décision constitue néanmoins une avancée importante. Il souligne que la mesure annoncée ne concerne plus uniquement le périscolaire de Parçay-les-Pins, mais l’ensemble des structures périscolaires de Noyant-Villages.

Concrètement, l’agent concerné serait désormais positionné au siège de la commune, avec maintien de ses fonctions, mais sans intervention auprès des enfants dans les accueils périscolaires.

L’élu se réjouit de cette annonce, tout en demandant une confirmation publique de son application effective. Il affirme avoir eu connaissance d’éléments qui soulèveraient des interrogations sur sa mise en œuvre.

Il demande donc au maire de confirmer que l’agent n’intervient effectivement plus auprès des enfants dans aucune structure périscolaire de la commune.

Cette annonce constitue un élément nouveau dans le dossier. Elle devra être confirmée par la municipalité et sa mise en œuvre effective vérifiée.

Un conflit politique qui s’ajoute à la crise du périscolaire

La lettre ouverte révèle également un conflit entre les deux élus.

Laurent Bourdeau explique que le 19 octobre, Adrien Denis lui a retiré sa délégation aux affaires sociales, en lui signifiant une perte de confiance. Il indique avoir ensuite démissionné de sa fonction de septième adjoint.

Mais le désaccord ne se serait pas arrêté là. Selon son récit, le maire lui aurait également demandé de quitter son mandat de maire délégué de Parçay-les-Pins, allant jusqu’à lui présenter une lettre de démission déjà rédigée.

Laurent Bourdeau affirme avoir refusé.

Il conteste les motifs avancés pour obtenir son départ et s’interroge sur le lien entre ce conflit et son désaccord initial concernant la gestion des inquiétudes autour du périscolaire.

Il rapporte également une rencontre avec le maire le 27 octobre, au cours de laquelle Adrien Denis aurait maintenu sa demande de démission, tout en évoquant la préparation d’un nouveau courrier avec des membres du bureau municipal.

L’élu estime que les désaccords sur la gestion de l’affaire ne doivent pas conduire à son éviction du mandat de maire délégué.

Il affirme enfin avoir saisi le procureur de la République, à titre préventif, au sujet de faits susceptibles de soulever la question d’une entrave au libre exercice de son mandat.

Cette démarche ne préjuge évidemment d’aucune infraction. Il appartiendra à l’autorité judiciaire d’apprécier les éléments transmis.

La gestion des alertes depuis juin au cœur des interrogations

Au-delà des plaintes et des tensions politiques, une question revient désormais dans les différents témoignages : que s’est-il passé depuis les premières alertes évoquées au mois de juin ?

Les parents demandent des explications sur les signalements qu’ils affirment avoir adressés à la municipalité. Laurent Bourdeau évoque lui aussi des faits signalés plusieurs mois avant la médiatisation de l’affaire et demande qu’une chronologie précise soit reconstituée.

Il souhaite notamment que soient examinés les signalements reçus, les décisions prises ou non prises, les informations communiquées aux familles et les raisons ayant conduit à attendre plusieurs mois avant l’annonce d’une mesure de précaution.

L’élu estime que ce travail devra être confié notamment au futur adjoint aux affaires sociales, avec pour objectif de comprendre les éventuels dysfonctionnements et de proposer des mesures pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise.

De son côté, dans son courrier du 28 octobre adressé aux familles, le maire Adrien Denis affirmait qu’à cette date, « aucune infraction, ni aucun délit ne sont avérés ». Il assurait également que la vigilance avait été renforcée, que les mesures d’accompagnement des enfants avaient été consolidées et que le personnel était diplômé, formé et encadré.

Ces déclarations officielles n’ont pas suffi à calmer les inquiétudes.

Une commune dans l’attente de réponses

À Noyant-Villages, l’affaire comporte désormais plusieurs dimensions : une enquête judiciaire portant sur des accusations particulièrement graves, des familles qui réclament des garanties, un débat sur les mesures de protection et une fracture politique au sein de l’équipe municipale.

La décision annoncée le 29 octobre concernant le positionnement de l’agent au siège de la commune pourrait constituer une première réponse aux demandes de précaution. Encore faut-il que son application soit confirmée et que les familles en soient clairement informées.

Mais elle ne répond pas à toutes les interrogations. La chronologie des signalements, leur traitement par les services municipaux et les informations communiquées aux élus comme aux parents restent au centre du débat.

Une chose doit cependant rester claire : aucune culpabilité n’est établie à ce stade. Les enquêtes doivent déterminer les circonstances des faits dénoncés et les éventuelles responsabilités.

Pour les familles, l’urgence est ailleurs : pouvoir confier leurs enfants à un service périscolaire dans lequel elles ont pleinement confiance. Pour la municipalité, l’enjeu est désormais de démontrer concrètement que leur sécurité est garantie, sans porter atteinte aux droits des personnes concernées.

À Noyant-Villages, la justice devra faire son travail. Mais la crise de confiance, elle, est déjà bien installée.

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