À Poitiers, les lycéens hésitent à reprendre les blocages par peur de prendre du retard avant le bac

Plus de 4 000 personnes manifestent à Angers ce mardi 6 octobre selon la police, contre 7 100 selon la CGT. La mobilisation lycéenne et étudiante se poursuit en Maine-et-Loire.
Credit Angers Info /MF/ Image d’illustration

Après les vacances de la Toussaint, de nouveaux blocages de lycées sont annoncés ce mardi 3 novembre 2026. Au lycée Victor-Hugo de Poitiers (Vienne), certains élèves souhaitent poursuivre la mobilisation, mais redoutent de prendre du retard dans leurs cours à quelques mois du baccalauréat.

Les vacances n’ont pas mis fin à la mobilisation lycéenne. L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appellent à de nouveaux blocages ce mardi 3 novembre, avant une journée de grève interprofessionnelle jeudi.

Pendant la pause scolaire, le gouvernement a pourtant annoncé plusieurs mesures : le remplacement de Parcoursup d’ici à 2028, l’abandon des suppressions de postes dans l’Éducation nationale et la création de 500 postes supplémentaires d’enseignants. Des annonces qui n’ont pas empêché les appels à poursuivre le mouvement.

Au lycée Victor-Hugo de Poitiers, les avis sont partagés entre engagement et inquiétude pour la scolarité.

Des absences qui inquiètent à l’approche du bac

Lilou, en terminale STMG, a déjà manqué au moins huit jours de cours pendant le mois de mobilisation. Une situation qui commence à peser sur ses apprentissages.

« Je me dis que si je fais ça toute l’année, je vais forcément avoir du retard et ça va compliquer mon apprentissage », explique-t-elle. Elle n’exclut toutefois pas de participer aux prochains blocages, à condition de ne pas trop pénaliser son année.

Julia, également en terminale, a fait le choix de privilégier certains enseignements. « Par peur d’avoir des absences sur Parcoursup, je suis quand même allée à certains cours, dont mes cours de spécialité », raconte-t-elle. Avec le baccalauréat en ligne de mire, elle préfère éviter de manquer les matières aux coefficients importants.

Certains ont déjà renoncé à la mobilisation

Elsa, qui avait participé au premier blocus, a finalement décidé d’arrêter. Elle évoque notamment des épisodes de violence : « Il y a eu des mortiers, il se passait du feu, des explosions et tout. »

La lycéenne regrette également les perturbations dans les apprentissages. « Nos profs nous faisaient tout simplement pas cours, on faisait soit des films, soit des quiz », explique-t-elle. Si cette situation devait se prolonger, elle commencerait à s’inquiéter pour sa scolarité.

Manifester sans compromettre son année

Pour Walter, lui aussi en terminale, maintenir un bon rythme scolaire reste essentiel. Avec ses spécialités SVT et physique-chimie et l’option maths complémentaires, il estime avoir un programme suffisamment chargé.

Son ami Hugo souhaite, lui, continuer à se mobiliser, mais pose ses conditions. « Si j’ai l’occasion de manifester sans que ça influence mon parcours scolaire, oui, je le ferai », explique-t-il.

Il compte ainsi participer uniquement avant les cours ou pendant les temps de pause. Un compromis pour défendre ses revendications sans compromettre son année scolaire.

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