
/ Moulin Cavier La montagne. Thouarcé, le 11 août 2021.
Les finances des communes et des intercommunalités du Maine-et-Loire sont-elles suffisamment solides pour affronter les prochaines années ? Le baromètre 2026 de la santé financière des collectivités, publié par l’AFL, la banque des collectivités locales, apporte plusieurs éléments de réponse. Derrière les notes financières, les chiffres dessinent une situation contrastée : les communes conservent une certaine stabilité, mais les intercommunalités et les collectivités départementales doivent composer avec des équilibres budgétaires plus fragiles.
Cette étude permet notamment de comparer la situation du Maine-et-Loire avec les moyennes nationales et de mesurer l’évolution des finances locales depuis 2021.
Une note financière de 2,75 sur 7 dans le Maine-et-Loire
Premier enseignement du baromètre : en 2025, les collectivités du Maine-et-Loire affichent une note financière moyenne de 2,75 sur 7, contre 2,38 pour la moyenne nationale, selon les données présentées par l’AFL.
Cette note peut surprendre. Il ne s’agit pas d’une note scolaire, mais d’un indicateur qui évalue la santé financière des collectivités. Plus elle se rapproche de 1, meilleure est la situation. À l’inverse, une note qui augmente traduit une situation financière plus dégradée.
Dans le département, les communes obtiennent une note moyenne de 2,72 sur 7 en 2025. Les graphiques de l’étude montrent également des évolutions différentes selon les catégories de collectivités et leur taille.
Des communes qui résistent, mais une tendance à surveiller
L’évolution depuis 2021 apporte un éclairage intéressant. La note moyenne des communes du Maine-et-Loire est passée de 2,54 en 2021 à 2,72 en 2025. La progression est régulière, avec une dégradation plus marquée entre 2023 et 2024, avant une stabilisation en 2025.
La comparaison avec la moyenne nationale est également instructive. En 2025, les communes du département affichent une note de 2,72, contre 2,94 au niveau national. Autrement dit, les communes angevines présentent, en moyenne, une situation financière mieux évaluée que celle observée dans l’ensemble du pays.
Les intercommunalités affichent une trajectoire différente. Leur note moyenne évolue de manière plus irrégulière : après une amélioration en 2022, elles connaissent plusieurs variations au cours des années suivantes. En 2025, leur note reste néanmoins plus favorable que la moyenne nationale des intercommunalités, qui atteint 2,99.
Comment l’AFL calcule-t-elle la santé financière des collectivités ?
Pour comprendre ces résultats, il faut regarder la méthode utilisée. L’AFL attribue à chaque collectivité une note comprise entre 1 et 7, en s’appuyant sur trois grandes familles d’indicateurs.
La première concerne la solvabilité, qui représente 55 % de la note. Elle mesure notamment la capacité d’une collectivité à rembourser ses emprunts grâce à son épargne et à ses ressources.
La deuxième porte sur le poids de l’endettement, qui compte pour 20 %. L’étude examine notamment la capacité de désendettement et le taux d’endettement. Concrètement, il s’agit de savoir si une commune ou une intercommunalité peut supporter ses emprunts sans mettre en difficulté son budget.
Enfin, les marges de manœuvre budgétaires représentent les 25 % restants. Elles permettent d’évaluer la capacité d’une collectivité à faire face à une dépense imprévue, à financer de nouveaux projets ou à absorber une baisse de ses recettes.
Ces trois critères permettent de dépasser la simple lecture du montant de la dette. Une commune peut être endettée tout en conservant une situation financière saine, à condition de disposer de recettes et d’une épargne suffisantes pour rembourser ses emprunts.
Des collectivités françaises sous pression
Le baromètre met également en évidence les difficultés rencontrées par les collectivités à l’échelle nationale. En 2025, la note moyenne des communes françaises atteint 2,94, en dégradation de 0,12 point. Les intercommunalités enregistrent une note de 2,90, en amélioration de 0,05 point.
La situation est plus fragile pour les départements, dont la note moyenne atteint 3,65, malgré une amélioration de 0,26 point. Les régions affichent quant à elles une note de 3,55, en amélioration de 0,16 point.
L’AFL décrit ainsi un bloc communal qui reste relativement solide, mais confronté à des tensions croissantes, tandis que les départements et les régions sont engagés dans un redressement jugé fragile.
Des chiffres à surveiller pour les prochaines années
Pour le Maine-et-Loire, le constat est donc plutôt nuancé. Les communes affichent une situation financière globalement mieux évaluée que la moyenne nationale. Les intercommunalités présentent également des résultats relativement favorables au regard de leurs homologues françaises.
Mais ces indicateurs ne signifient pas que toutes les communes disposent des mêmes capacités financières. La taille de la population, les recettes fiscales, les dépenses de fonctionnement, les investissements et le niveau d’endettement peuvent considérablement modifier la situation d’un territoire à l’autre.
À l’approche des prochains budgets locaux, ces données constituent un indicateur intéressant pour comprendre les marges de manœuvre des collectivités du département. Car derrière les notes financières se pose une question très concrète : quelle capacité les communes et les intercommunalités auront-elles demain pour continuer à investir, entretenir les équipements publics et financer les services destinés aux habitants ?
Note de lecture : les notes de 2,75 et de 2,72 sont reprises du document. Les comparaisons par catégorie sont celles du graphique départemental de la page 9. Il faut éviter de confondre ces moyennes avec la situation financière de chaque commune prise individuellement.