
Jeudi 5 novembre 2026, entre 3 200 et 8 000 personnes ont défilé dans les rues de La Rochelle, selon la préfecture et la CGT. Salaires, conditions de travail et moyens dans les services publics figuraient parmi les principales revendications selon ICI.
« Je ne peux plus me nourrir correctement »
Moins d’étudiants et de lycéens que lors des précédentes mobilisations, mais davantage de travailleurs. Jeudi 5 novembre, le cortège parti de la gare de La Rochelle a rassemblé de nombreux salariés venus dénoncer la baisse de leur pouvoir d’achat.
Carine, assistante de direction et syndiquée Sud-Solidaires, témoigne de difficultés grandissantes : « Je travaille dans la précarité. Je bosse depuis 25 ans et je ne peux plus me nourrir correctement, et c’est pareil pour mes collègues. Ça devient très difficile. »
Alain, conducteur de bus sur le réseau Yélo depuis 19 ans et syndiqué CGT, rappelle que beaucoup de salariés n’ont pas les moyens de faire grève. « Les gens qui gagnent 700 ou 800 euros par mois ne peuvent pas se permettre de venir manifester. Pour ceux qui le peuvent, c’est un moyen de leur dire qu’on est avec eux. »
Des services publics à bout de souffle
Les manifestants réclament également davantage de moyens humains et financiers. Céline, infirmière en psychiatrie au groupement hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis, décrit une situation « catastrophique », notamment pour les jeunes. « On a des délais d’attente de six mois, au minimum, pour que votre enfant soit pris en charge. »
Chez les adultes, la situation n’est guère meilleure. « Par manque de médecins, on a fermé 20 lits en psychiatrie depuis le mois d’août. Les conditions se dégradent, les agents se font agresser de plus en plus souvent », déplore-t-elle.
Dans l’enseignement, les suppressions de classes et de postes sont également dénoncées. « On supprime des classes, on supprime des postes, alors qu’il faudrait en créer », regrette Jérôme Churlaud, secrétaire du syndicat Force ouvrière pour les collèges et lycées de Charente-Maritime.
Les violences policières également dénoncées
Enfin, plusieurs manifestants ont exprimé leur indignation face aux violences policières visant des jeunes, filmées dans différentes villes de France.
Jordan, infirmier en oncologie à l’hôpital de La Rochelle et père de famille, dénonce une réponse disproportionnée à leurs revendications. « Ils étudient, ils travaillent dans des conditions abominables, et la réponse principale à leurs revendications, c’est la répression policière. C’est inacceptable. »
Pouvoir d’achat, salaires, conditions de travail et violences policières devraient encore mobiliser les Rochelais. Un nouveau rassemblement est annoncé dès samedi dans les rues de la ville.