À Angoulême, cette nouvelle mosquée ouvre ses portes pour rassurer les habitants du quartier

Image d’illustration © (Guilhem Vellut/Wikimedia Commons)

Inaugurée samedi 7 novembre 2026, la mosquée Hadj Samadi, dans le quartier de Ma Campagne à Angoulême, a accueilli quelques riverains curieux. L’occasion de répondre à leurs interrogations et de favoriser le dialogue selon La Charente Libre.

« Au départ, les voisins ont mal reçu l’idée d’accueillir une mosquée au milieu de leurs habitations. » Lors de l’inauguration de la mosquée Hadj Samadi, rue de la Trésorière, samedi matin, Mustapha Mekki, membre de l’Association culturelle des musulmans d’Angoulême et de Nouvelle-Aquitaine (Acmana), n’a pas éludé les réticences initiales.

Parmi les habitantes présentes, certaines reconnaissent avoir craint un manque de places de stationnement ou une dévaluation de leurs biens immobiliers. Mais aujourd’hui, le constat est plutôt positif. « On n’a rien à dire », témoignent-elles.

Une volonté de discrétion et d’intégration

Pour faciliter la cohabitation, l’association a fait le choix de la discrétion. L’ancienne maison du maçon du quartier a été transformée en lieu de culte sans changement spectaculaire de son apparence.

Les fidèles disposent d’un parking d’une trentaine de places, complété par les possibilités de stationnement près du gymnase voisin. « Il n’y a pas non plus de haut-parleur pour annoncer les prières », précise Djillali Merioua, secrétaire général de l’association et adjoint au maire d’Angoulême.

« On voulait être discret, s’intégrer au voisinage », insiste Mustapha Mekki. L’imam Benamar Boudour partage cet objectif : « Notre volonté est d’apaiser les tensions et de viser les jeunes. »

Des rencontres autour d’un thé à la menthe

Après l’inauguration, les discussions se poursuivent autour d’un thé à la menthe et de quelques pâtisseries. « J’attends que la convivialité s’installe réellement. Je vais revenir, mais j’attends leurs propositions », confie Annie, une voisine.

Khadija lui propose de participer aux repas organisés pendant le ramadan et les fêtes religieuses. L’association recherche également des bénévoles pour donner des cours de mathématiques ou de français. Une possibilité qui intéresse Annie, ancienne enseignante, ainsi que Françoise, bénévole dans une épicerie sociale. « C’est important d’avoir une vie de quartier », souligne cette dernière.

Les habitantes profitent aussi de cette rencontre pour poser leurs questions : qui choisit l’imam ? Les cours d’arabe sont-ils religieux ? « Des cours de langue », rassure Amina, membre de l’association.

« C’était bien cette discussion », retient Annie, qui repart même avec le numéro d’Amina, récemment installée à son compte dans les services de nettoyage. Une première rencontre qui pourrait ainsi déboucher sur de nouveaux échanges entre voisins.

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