
Depuis le début du printemps, Jérôme Tirmarche, propriétaire d’un camping en Sarthe, a choisi d’ouvrir gratuitement ses portes aux femmes touchées par la maladie. En s’associant à l’organisation « Hébergeuses solidaires », cet hôtelier de plein air permet à des patientes, comme Virginie, de s’offrir une parenthèse thérapeutique indispensable loin des protocoles hospitaliers.
Briser la barrière financière face à la maladie
L’élément déclencheur est venu d’un simple témoignage radiophonique sur l’action des « Hébergeuses solidaires ». Touché par la précarité qui frappe souvent les malades entre pertes d’emploi, séparations ou charges fixes à maintenir, Jérôme Tirmarche décide immédiatement de mettre à disposition ses hébergements disponibles. Déjà habitué à offrir des séjours à des structures de terrain comme la Croix-Rouge par le passé, le gérant a fait de la gratuité totale un principe absolu pour que l’aspect financier ne soit jamais un frein au repos d’après France 3 Pays de la Loire.
« J’ai toujours fait passer l’humain en premier. Donc oui, ça me paraissait facile et naturel. »
Jérôme Tirmarche, propriétaire du camping « Le Septentrion »
Cette saison, dix femmes ont déjà pu bénéficier de cette démarche. Sur place, les bénéficiaires sont accueillies comme des clientes classiques et ont accès à l’ensemble des infrastructures, notamment la piscine et les cours d’aquagym. Une tranquillité hors-saison particulièrement appréciée par les femmes opérées d’un cancer du sein, qui peuvent ainsi se baigner à l’abri des regards indiscrets.
Se reconnecter à soi après le tsunami médical
Pour Virginie Prigent, dixième résidente de la saison et actuellement en rémission après trois ans de combat intensif, ce séjour en Sarthe représente une étape cruciale de sa reconstruction. Après des mois de chimiothérapies lourdes ayant entraîné une grande fatigue physique et un « brouillard émotionnel », le calme et la verdure du site lui permettent enfin de lâcher prise et de digérer le protocole médical.
Bien que toujours sous traitement d’hormonothérapie pour les cinq prochaines années, la vacancière savoure ce cocon protecteur comme une véritable revanche sur la vie. Saluant la bienveillance immédiate du propriétaire et des équipes, elle invite désormais toutes les femmes confrontées à cette épreuve à s’accorder ce type de pause pour reprendre le contrôle de leur corps et de leurs sensations.


