L’installation illégale de caravanes sur un site à risque provoque la colère d’un élu en Charente-Maritime

Un convoi d’une soixantaine de véhicules a pris ses quartiers ce dimanche à proximité immédiate du port de pêche de Chef-de-Baie, à La Rochelle. Cette occupation illicite suscite une vive inquiétude chez le maire de la commune voisine de L’Houmeau, lequel alerte sur la dangerosité des lieux et dénonce les premières conséquences matérielles pour les professionnels de la mer.
Une zone d’occupation marquée par un lourd passif environnemental
L’arrivée massive des gens du voyage a eu lieu lors de la journée dominicale du neuf août. Les véhicules se sont positionnés sur un terrain extrêmement sensible sur le plan sanitaire, directement lié à l’activité historique de l’ancienne usine Rhône-Poulenc. Les sols et le littoral de ce périmètre industriel conservent en effet les stigmates de plusieurs décennies de traitement de terres rares, présentant des traces persistantes de radioactivité liée à l’uranium et au thorium. L’édile de L’Houmeau, également vice-président de l’agglomération en charge du développement économique, s’est d’ailleurs publiquement étonné de l’absence d’intervention des forces de l’ordre pour empêcher l’accès à ce site classé à risque, redoutant d’être tenu pour responsable sur le plan pénal ou moral en cas d’accident industriel majeur impliquant ces nouveaux occupants.
L’outil de travail des marins d’ores et déjà lourdement impacté
Au-delà des considérations purement sanitaires, la cohabitation s’annonce extrêmement tendue sur le plan économique et sécuritaire. Dès la première nuit de cette occupation non autorisée, un navire amarré dans l’enceinte du port de pêche a fait l’objet d’une intrusion suivie de lourdes dégradations matérielles. Le bateau vandalisé se trouve désormais dans l’incapacité totale de prendre la mer, engendrant un préjudice d’exploitation considérable pour son propriétaire ainsi que pour les structures portuaires. Face au risque de voir ces actes de malveillance perdurer, l’élu prévient que les instances dirigeantes pourraient être contraintes de suspendre temporairement les activités du port. Une telle décision administrative paralyserait l’ensemble de la filière maritime rochelaise, menaçant directement la viabilité des entreprises de pêche, de mareyage et de mytiliculture.
Le spectre de violences passées refait surface pour l’édile
La fermeté et la réactivité du premier magistrat de L’Houmeau face à cette situation s’inscrivent dans un contexte personnel et politique particulièrement douloureux. Les relations entre ce représentant de la République et la communauté des gens du voyage restent en effet profondément marquées par un grave incident survenu trois ans plus tôt. Au cours du mois d’août deux mille vingt-trois, le maire avait été physiquement pris à partie et violemment frappé alors qu’il tentait de s’interposer, en première ligne, face à l’installation forcée d’un campement sur les pelouses du complexe sportif de sa municipalité. Cette nouvelle intrusion ravive logiquement le traumatisme de cette agression et pousse les élus de l’agglomération à exiger une réponse étatique ferme et immédiate pour garantir la sécurité de la zone portuaire.
en partenariat avec REGIEPRO


