
Une page importante de l’histoire locale vient de se tourner dans la Vienne. Jacques Grandon, figure emblématique du barreau et de la politique départementale, est décédé la veille du 15 août. Cet homme aux multiples engagements laisse derrière lui l’héritage d’une carrière d’une longévité et d’une densité exceptionnelles.
Une vie entière consacrée à la justice
Fils d’un artisan boucher de la commune de Saint-Benoît, l’homme s’est forgé un destin remarquable au sein de l’institution judiciaire. Ayant prêté serment à la fin des années quarante, il a arpenté les couloirs de l’ancien palais de justice de Poitiers pendant plus de soixante-dix ans, s’imposant comme un ténor incontournable de la région. Bien que rattrapé par des problèmes d’audition liés à son grand âge, il avait su conserver une vivacité d’esprit intacte et continuait d’exercer sa profession de plaideur alors qu’il avait déjà largement dépassé le cap des quatre-vingt-dix ans, forçant le respect unanime de ses confrères.
Un acteur politique majeur et fidèle
En parallèle de son engagement dans les prétoires, le défunt a mené une intense carrière publique. Il s’est notamment illustré en tant que bras droit politique de René Monory durant plus de quatre décennies au sein des instances départementales, avant de siéger lui-même au Sénat. Représentant d’une droite traditionnelle, il mettait un point d’honneur à ne jamais sacrifier ses valeurs profondes sur l’autel des stratégies partisanes. Il assumait ainsi pleinement ses positions éthiques, défendant sans relâche l’abolition de la peine de mort tout au long de son existence.
Une personnalité attachante et discrète
Au-delà de son parcours professionnel vertigineux, ses proches se souviendront d’un esprit espiègle, friand de jeux de mots et grand amateur de nougats qu’il faisait spécialement livrer depuis la Drôme. Profondément meurtri par la disparition de son épouse, avec laquelle il avait partagé un demi-siècle d’une vie commune fusionnelle, il s’était récemment retiré dans une résidence pour seniors de la capitale pictave. Son départ pudique clôt définitivement le parcours d’un des plus ardents défenseurs du territoire poitevin.
en partenariat avec REGIEPRO


