Vienne

Le budget des pompiers de la Vienne jugé insuffisant face à l’explosion du nombre d’interventions

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Les pompiers de la Vienne manquent de moyen / DR

Le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis 86) traverse une zone de fortes turbulences financières. Selon les informations rapportées par Centre Presse, les syndicats et certains élus s’alarment d’un manque de moyens criant qui mettrait en péril la sécurité des habitants, alors même que l’activité opérationnelle ne cesse de croître sur l’ensemble du territoire.

Un décalage flagrant entre les effectifs et la charge de travail

Le constat dressé par l’adjudante Delphine Renaud, secrétaire générale du syndicat CGT/Sdis 86, est sans appel : les secours à la personne ont bondi de 7 % en un an. Malgré cette hausse d’activité, le Sdis ne compte que 209 pompiers professionnels pour 1 200 volontaires. Treize embauches initialement programmées ont dû être gelées faute de crédits, alors qu’une vingtaine de recrutements seraient nécessaires pour assurer un fonctionnement optimal. Cette tension se ressent jusque dans les salles de régulation où seuls deux opérateurs répondent aux appels d’urgence, là où trois seraient indispensables pour garantir la rapidité de la prise en charge.

Un sous-financement chronique par rapport aux départements voisins

La situation financière révèle des disparités territoriales marquantes. L’opposition départementale dénonce un « trou » budgétaire de 1,3 million d’euros et pointe une comparaison révélatrice avec la Charente : alors que les pompiers charentais reçoivent 49 € par habitant pour 17 000 interventions, ceux de la Vienne ne bénéficient que de 30 € par habitant malgré un volume supérieur de 20 000 interventions. Pour l’élue Florence Harris, ce sous-financement relève d’un choix politique qui allonge les délais de secours, chaque minute perdue sur un trajet représentant une perte de chance significative pour les victimes.

L’État et le Département appelés à prendre leurs responsabilités

Face à la colère qui gronde, le président du Département, Alain Pichon, s’est engagé à revoir la subvention à la hausse au cours de l’année 2026. Une promesse qui ne suffit pas à rassurer les organisations syndicales, lesquelles réclament des garanties immédiates. De son côté, Benoît Coquelet, président du Sdis, estime que le système actuel arrive à bout de souffle. Tout en confirmant les difficultés, il plaide pour une intervention accrue de l’État, jugeant que les départements ne peuvent plus être les seules variables d’ajustement d’un service public de secours aujourd’hui sous pression constante.