Grand Ouest

Bracelet électronique pour le « gros nounours » d’Angers qui filmait les femmes à leur insu

Publié

le

DR – Bracelet électronique pour le « gros nounours » d’Angers

Un ancien responsable de la salle d’escalade Vertical’Art de Nantes (Loire-Atlantique) qui avait été jugé pour « agression sexuelle » et « atteinte à l’intimité de la vie privée » après avoir filmé quatorze jeunes femmes en huit ans à leur insu a été condamné ce vendredi 13 février 2026 à huit mois de prison ferme.

Léo XXX – qui a depuis déménagé à Angers (Maine-et-Loire) et y a repris ses études pour « travailler dans la cyber-sécurité » – purgera ces huit mois avec un bracelet électronique dans le cadre d’une Détention à domicile sous surveillance électronique (DDSE). « C’est comme si vous étiez incarcéré mais que vous étiez votre propre gardien », a imagé le président du tribunal correctionnel de Nantes.

Le prévenu devra aussi se plier à une injonction de soins, à une interdiction de contacts avec les victimes et à une obligation de travail. Un suivi socio-judiciaire de trois ans a été décidé au vu de sa « prise de conscience », de son « évolution » depuis les faits et du « travail » qu’il a commencé sur son « addiction » au porno, a expliqué le président du tribunal correctionnel.

Léo XXX aura encore interdiction d’exercer toute activité en lien avec des mineurs pendant cinq ans, et sera inéligible pendant trois ans. Il a enfin été inscrit au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS), ce qui l’obligera à pointer une fois par an pendant vingt ans au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie la plus proche de chez lui. La peine sera inscrite sur la partie de son casier judiciaire accessible aux employeurs, ce qui devrait mettre à mal dans l’immédiat son nouveau projet professionnel.

IL AVAIT UN « LIEN DE CONFIANCE TRES ETROIT » AVEC SES VICTIMES

Sur le plan civil, il devra verser dans un premier temps près de 30.000 € de dommages et intérêts et de frais de justice aux victimes. Mais ce montant devrait grimper après une audience sur intérêts civils prévue le 1er octobre 2027, puisque plusieurs parties civiles ont demandé un renvoi de leur demande d’indemnisation à une date ultérieure.

La peine prononcée « traduit la gravité des faits », a expliqué le président correctionnel de Nantes : ils se sont inscrits dans « la durée » alors que le prévenu avait « un lien de confiance très étroit avec la plupart des personnes concernées ».

Léo XXX avait en fait été dénoncé à la police par son colocataire : ce « gentleman », ce « gendre idéal » et ce « gros nounours » qui « se disait féministe », d’après ses proches de l’époque, avait dissimulé une caméra dans une trousse de toilette. Il en avait mis aussi d’autres « qui ressemblaient à une clé USB » dans les WC et salles de bains des logements qu’il avait successivement occupés à Bordeaux (Gironde) et Nantes.

Parmi ses victimes, on retrouvait ainsi sa petite amie de l’époque, les deux sœurs mineures de celle-ci, la femme d’un ami d’enfance dont il avait été le témoin de mariage, des amies ou encore des clientes de sa salle d’escalade.

COUPABLE D’UNE « AGRESSION SEXUELLE »

« Charmeur » et « jamais entreprenant » avec les filles, ce jeune « totalement inconnu de la justice » – selon le président du tribunal – avait aussi filmé dans les sanitaires d’un camping une fillette inconnue « par-dessus et par-dessous » la cloison. « On vous voit vous masturber sur les images », lui avait fait remarquer l’avocate de l’association Innocence en Danger, qui s’était constituée partie civile. Quelque 159 images pédo-pornographiques ont aussi été retrouvées sur son téléphone portable, avait-il été rappelé lors de son procès.

Léo XXX a aussi été reconnu coupable d’une « agression sexuelle » sur Julia XXX, qui faisait « partie du même groupe d’amis » que lui et apparaissait également nue dans sa « collection » d’images. Il lui avait aussi « posé la main sur les fesses » un soir où il dormait avec elle lors d’un « week-end entre amis » à La Roche-sur-Yon (Vendée).

Malgré ses dénégations, le tribunal correctionnel de Nantes a jugé que « ce chef de prévention est constitué ». « Le fait de poser sa main sur une partie sexuelle du corps alors que la victime dormait faisait obstacle à tout consentement », a commenté le président du tribunal correctionnel de Nantes ce vendredi 13 février 2026.

Le jour de l’audience, la procureure de la République avait requis un an de prison avec bracelet électronique et deux autres avec sursis probatoire comprenant une obligation de soins, une interdiction de recontacter les victimes et de se présenter à leurs domiciles pendant deux ans. La représentante du parquet avait également requis une interdiction d’exercer toute activité en lien avec les mineurs pendant dix ans./GF

Cliquer pour commenter

Les + vus

Quitter la version mobile