Inondations à Angers : un plateau espéré mais la vigilance reste maximale
Réunion de crise ce matin à Angers. Autour de Christophe Béchu, du préfet de Maine-et-Loire et des maires de l’agglomération, élus et services de secours ont passé en revue l’évolution de la crue. Si...

Réunion de crise ce matin à Angers. Autour de Christophe Béchu, du préfet de Maine-et-Loire et des maires de l’agglomération, élus et services de secours ont passé en revue l’évolution de la crue. Si les projections sont légèrement moins mauvaises que les jours précédents, tous s’accordent : la situation reste exceptionnelle et la gestion de crise se poursuivra plusieurs jours.
Un plateau plutôt qu’une montée continue
Après plusieurs jours d’augmentation constante, les niveaux d’eau pourraient enfin ralentir leur progression. Christophe Béchu détaille des chiffres encore élevés mais désormais stabilisés dans les modèles.
« Nous sommes à 5,29 m sur la Loire et 6,25 m sur la Maine. L’eau va continuer à monter aujourd’hui, mais pour la première fois la prévision à 24 heures est moins pessimiste que celle à 48 heures. »
La Maine devrait atteindre environ 6,39 m et la Loire 5,39 m avant une quasi-stagnation attendue dimanche. Une amélioration très relative, que le maire préfère manier avec prudence.
« On ne va pas parler de baisse, mais cela pourrait ressembler à un plateau. Nous ne sommes absolument pas sortis de la crise. »
La menace demeure en effet liée à d’éventuelles pluies et à l’arrivée différée des eaux venues de l’amont. Un redémarrage de la crue reste possible.
Éclairage public maintenu et tram perturbé
Face aux risques nocturnes, la collectivité a décidé de modifier ses pratiques habituelles d’extinction de l’éclairage public. Les communes inondées resteront éclairées la nuit afin d’éviter chutes, accidents ou intrusions involontaires dans l’eau.
« Par défaut, nous maintenons l’éclairage près des zones inondées pour sécuriser les déplacements », explique Christophe Béchu.
Les transports seront également impactés. La montée de la Maine devrait contraindre l’exploitation du tramway angevin.
« La ligne A sera probablement exploitée en demi-ligne dans le cœur de ville », annonce l’élu, précisant qu’une communication détaillée suivra.
Dans ce contexte, la mobilisation interne est massive. Près de 200 agents de la ville et de l’agglomération se sont portés volontaires pour intervenir durant le week-end.
« Cela montre le sens du service public de nos équipes », salue le président de l’agglomération.
Évacuations en cours dans plusieurs communes
Si Angers reste relativement protégée, la situation est plus délicate dans certaines communes voisines. Le préfet confirme des opérations d’évacuation déjà engagées et appelées à se multiplier.
« À Cheffes, à partir de 6,80 m nous coupons l’électricité. J’ai pris un arrêté d’évacuation et une centaine de personnes doit encore partir. »
À Briollay, un quartier entier pourrait être submergé rapidement en raison de sa configuration topographique.
« Il y aura environ 1,20 m d’eau dans certaines maisons, les habitants évacuent dans la journée. »
Au total, près de 15 000 hectares sont inondés dans le département, preuve de l’ampleur de l’événement.
Sécurité : éviter pillages et imprudences
Avec la durée de la crue, les autorités doivent désormais gérer des situations secondaires mais préoccupantes. Le préfet relate plusieurs comportements dangereux observés ces dernières heures.
« Nous avons intercepté deux jeunes en jet-ski qui tentaient d’entrer dans des maisons évacuées. »
Des patrouilles nocturnes renforcées sont mises en place pour prévenir vols et accidents. Les maires signalent aussi des habitants refusant d’évacuer malgré le danger, obligeant les secours à intervenir dans l’urgence.
« Les évacuations tardives mettent les pompiers en difficulté. Quand on donne une consigne, c’est pour de vraies raisons », témoigne un élu riverain.
Routes coupées, ponts surveillés
Les fermetures de routes se multiplient et pourraient isoler certains secteurs ce week-end. Les ponts font l’objet d’une attention particulière : selon leur structure et la force du courant, certains pourraient rouvrir aux piétons et vélos, d’autres rester fermés.
« Fermer un axe est toujours compliqué mais parfois indispensable pour la sécurité », rappelle Christophe Béchu.
L’objectif reste de limiter les risques tout en maintenant un minimum de circulation pour la vie quotidienne.
Catastrophe naturelle quasi certaine
L’État prépare la reconnaissance officielle de catastrophe naturelle. Une procédure rapide est envisagée mais adaptée à la gestion de crise.
« Il y aura un arrêté, c’est quasi évident. Nous voulons éviter d’imposer des démarches administratives pendant les secours », précise le préfet.
L’agglomération pourrait centraliser les dossiers afin de soulager les communes les plus touchées.
Une crise appelée à durer
Malgré l’espoir d’un plateau, les prévisions météorologiques annoncent déjà un nouvel épisode pluvieux dans les prochains jours.
« On va probablement vivre un épisode dans la durée, voire très longue durée », conclut le représentant de l’État.
À Angers et dans toute la vallée, la prudence reste donc de mise : la crue ralentit peut-être, mais la vigilance demeure totale.


