Angers : trois militants antipub relaxés après une action de retrait d’affiches en 2024

Le tribunal correctionnel d’Angers a prononcé, jeudi 12 mars 2026, la relaxe de trois militants poursuivis pour le retrait de plus de 500 affiches publicitaires dans la ville lors d’une action menée fin 2024.
Une action menée lors du Black Friday
Les faits remontent au 22 novembre 2024. Ce soir-là, le collectif local d’Extinction Rebellion avait organisé une opération baptisée « Nuit Blanche – Angers sans publicité pour le Black Friday ». L’action consistait à retirer des affiches présentes sur des panneaux publicitaires de la ville.
Selon les organisateurs, plus de 500 affiches avaient été retirées et remplacées par un message au format A5 portant la mention : « On n’en peut pub !! J’ai rêvé d’une ville sans publicité… ».
L’objectif, expliquait alors le collectif, était d’interpeller les passants sur la place de la publicité dans l’espace public en laissant apparaître des panneaux sans affichage.
Une plainte déposée par JCDecaux
Au cours de l’action, trois personnes avaient été contrôlées par la police. Elles avaient ensuite été convoquées en audition libre en janvier 2025, à la suite d’une plainte déposée par l’entreprise exploitant ces mobiliers urbains, JCDecaux.
Le procès s’est tenu le 15 janvier 2026 devant le tribunal correctionnel d’Angers. Les prévenus étaient poursuivis pour « soustraction frauduleuse (vol) d’affiches publicitaires au préjudice de la société JCDecaux ».
Ils étaient défendus par leurs avocats, Me Chevrollier et Me De Barry, et ont invoqué notamment la liberté d’expression et l’état de nécessité.
Des témoins entendus au procès
Lors de l’audience, plusieurs témoins ont été entendus, dont Thomas Bourgenot et David Cormand.
Ils ont évoqué les critiques adressées à la publicité par différentes institutions, notamment le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, le Conseil économique, social et environnemental et le Secrétariat général à la planification écologique.
Lors de l’audience, la procureure de la République avait requis une amende de 500 euros avec sursis.
Requalification et relaxe
Dans son délibéré rendu le 12 mars, le tribunal a requalifié les faits initialement poursuivis comme un délit de vol en réunion en contravention de dégradation légère.
Cette requalification a entraîné la prescription pour l’un des trois prévenus, sa convocation à l’audition libre remontant à plus d’un an.
Pour les deux autres, le tribunal a retenu un contrôle de proportionnalité et a prononcé la relaxe. Dans sa décision, la juridiction indique : « Vous condamner aurait constitué une ingérence disproportionnée dans l’expression de la liberté d’expression ».
L’argument de l’état de nécessité n’a pas été retenu.
Un délai d’appel de dix jours
La société JCDecaux et le parquet disposent désormais d’un délai de dix jours pour faire appel de cette décision.
Dans un communiqué, le groupe local d’Extinction Rebellion indique « saluer cette décision » et évoque la question de la place de la publicité dans l’espace public. Le collectif rappelle également que le contrat d’exploitation du mobilier urbain par JCDecaux pour la ville d’Angers doit arriver à échéance le 29 septembre 2028.


