EPR de Flamanville : les agents en grève contre le démantèlement de leur caisse de retraite

Le climat social se tend à la centrale nucléaire de Flamanville. Les agents EDF du site s’apprêtent à cesser le travail dès le lundi 30 mars 2026. En cause : un projet de transfert de missions qui, selon les syndicats, menace l’équilibre de leur régime spécial de retraite et la pérennité de leur caisse de protection sociale.
Un débrayage de 24 heures
Le mouvement débutera officiellement ce lundi 30 mars à 21 h pour s’achever le lendemain, mardi 31 mars à la même heure. Si un débrayage local est attendu au pied de l’EPR, la mobilisation prendra également une tournure nationale. Une délégation d’une cinquantaine d’agents de la Manche prendra en effet la direction de Paris pour manifester devant le ministère de l’Économie et des Finances, à Bercy, aux côtés d’un millier de collègues venus de toute la France.
CNIEG vs CNAV : le bras de fer
Le cœur de la contestation réside dans le projet de transfert des missions de la CNIEG (Caisse nationale des industries électriques et gazières) vers la CNAV (Caisse nationale d’assurance vieillesse). Pour les syndicats, et notamment la CGT, cette mesure s’apparente à un démantèlement pur et simple de leur régime spécial, déjà fragilisé par la précédente réforme des retraites.
Les représentants des agents alertent sur plusieurs points critiques :
Un trou financier : La dissociation des deux caisses pourrait entraîner une perte de près de 100 millions d’euros par an pour la CNIEG.
Une complexité croissante : Les règles d’affiliation sont devenues si opaques que les jeunes recrues peinent à comprendre leurs cotisations.
Une menace sur l’emploi : Le transfert de compétences fait craindre des suppressions de postes au sein de la branche sociale des industries électriques et gazières.
Un manque de visibilité dénoncé
“On ne sait pas à quelle sauce on sera mangé”, regrette Romuald Guilmain, secrétaire général de la CGT à la centrale. Les agents dénoncent des fiches de paie de plus en plus illisibles et un manque de clarté sur l’avenir du service rendu aux retraités.
Alors qu’un rapport de la Direction de la Sécurité sociale est attendu pour la fin du mois, les grévistes exigent un moratoire sur cette réforme et l’ouverture d’une étude d’impact sérieuse. Une pétition nationale a d’ores et déjà été lancée par la FNME-CGT pour soutenir leurs revendications.


