À Saint-Mathurin-sur-Loire, l’école des Sternes se rebiffe contre une fermeture de classe

Ce mardi matin, les grilles de l’école publique Les Sternes, à Saint-Mathurin-sur-Loire, ne se sont pas ouvertes comme d’habitude. Dès les premières minutes de la journée, parents, élus et habitants ont fait front commun pour dire non à la fermeture annoncée d’une classe à la rentrée prochaine. Une mobilisation visible, déterminée, et surtout chargée d’inquiétudes pour l’avenir des enfants.
Devant l’établissement, puis à l’intérieur même de l’école, les parents ont mené une action symbolique en bloquant les accès aux classes. Beaucoup ont choisi de rester sur place avec leurs enfants, transformant cette matinée en temps d’échange et de protestation. « On ne pouvait pas rester sans rien faire », glisse une mère de famille, venue dès l’aube. « Là, on parle concrètement de l’avenir de nos enfants. »
Des classes plus chargées, un quotidien bouleversé
La décision de la Direction académique, maintenue malgré une récente rencontre avec les représentants de parents et le maire de Loire-Authion, suscite une vive incompréhension. Car derrière cette fermeture, ce sont des conditions d’apprentissage qui risquent de se dégrader rapidement.
Avec une classe en moins, l’école passerait à quatre classes seulement. Résultat : jusqu’à 29 élèves en CM, parfois avec plusieurs enfants en situation de handicap, et des classes à plusieurs niveaux pouvant aller jusqu’à trois sections mélangées. Pour les enseignants, la charge de travail s’annonce plus lourde ; pour les élèves, le suivi individualisé pourrait devenir plus compliqué.
Dans certaines sections, comme les grandes sections, CP ou CE1, les plafonds réglementaires imposent des effectifs limités. Mais cette contrainte se répercute ailleurs, surchargeant d’autres classes et creusant les écarts. « On déshabille Pierre pour habiller Paul », résume un parent.
Une école inclusive mise à l’épreuve
À l’école des Sternes, l’inclusion n’est pas un mot creux. À la rentrée prochaine, cinq élèves en situation de handicap doivent être accueillis, dont certains pourraient se retrouver dans des classes particulièrement chargées. Trois d’entre eux seraient intégrés dans une classe de 29 élèves, tandis que deux autres rejoindraient une classe à trois niveaux, mêlant petite section, grande section et CP.
À cela s’ajoutent onze élèves suivis par le RASED et de nombreux enfants nécessitant un accompagnement spécifique. Cette année déjà, dix-neuf réunions d’équipes éducatives ont été organisées pour adapter les parcours. « Dans ces conditions, comment continuer à accompagner chaque enfant correctement ? » s’interrogent les parents.
La situation est d’autant plus délicate que les élèves seront accueillis, le temps de travaux de rénovation, dans des bâtiments modulaires. Des espaces plus restreints, peu adaptés à des effectifs élevés ou à certains besoins spécifiques, notamment pour les enfants à mobilité réduite.
« Nos enfants ne sont pas des variables d’ajustement »
Face à ces perspectives, la mobilisation ne faiblit pas. Parents, enseignants et élus affichent une opposition ferme à la fermeture de la classe. Tous dénoncent une décision prise sans tenir suffisamment compte de la réalité du terrain.Plus de 300 signataires ont déjà apporté leur soutien via la pétition en ligne en 4 jours,
« Nos enfants ne sont pas des variables d’ajustement », martèlent les représentants des parents d’élèves, bien décidés à poursuivre le mouvement. D’autres actions sont déjà en préparation dans les jours à venir pour maintenir la pression et obtenir un réexamen de la situation.


