L’interdiction de la consommation d’alcool dans certaines rues d’Angers esquive un recours en justice

Une juge du tribunal administratif de Nantes a débouté une association de défense des “libertés individuelles” qui voulait faire annuler l’arrêté du maire d’Angers (Maine-et-Loire) ayant interdit la “consommation” et le “transport” d’alcool sur “plusieurs voies et secteurs délimités” de sa ville.
“Des regroupements de plus en plus importants de personnes (…) provoquent (…) des troubles à l’ordre public constatés très régulièrement (…) et peuvent entraîner des rixes, des nuisances sonores, des tumultes divers avec bris de bouteilles et souillures”, justifiait le maire Christophe Béchu (Horizons) dans cet arrêté en date du 13 octobre 2025. “Ces troubles graves et répétés à l’ordre public, sur plusieurs secteurs délimités du centre-ville, constituent une atteinte à la tranquillité publique, en particulier la nuit et en soirée.”
La “consommation” et le “transport” d’alcool sur les zones interdites – “en dehors des terrasses de cafés (…) dûment autorisés” et des “fêtes publiques” qui bénéficient d’une “dérogation” en ce sens – sont ainsi punis d’une amende de 150 €, selon l’arrêté municipal.
Vigie Liberté – une association présidée par Amine Elbahi, un militant de droite qui se présente sur les réseaux sociaux comme un “juriste de droit public” et qui est connu pour être “éditorialiste sur Cnews” – avait toutefois saisi la justice administrative le 26 décembre 2025. Mais elle n’a pas eu l’occasion d’exposer ses arguments en audience publique.
“Les statuts de l’association (…) indiquent seulement qu’elle a son siège dans le 14e arrondissement de Paris et qu’elle a “pour but de veiller au respect de la protection des données personnelles des individus et d’agir en faveur du droit pour tout individu de circuler, se réunir et se rassembler dans l’espace public””, justifie la magistrate dans une ordonnance en date du 9 février 2026 qui vient d’être rendue publique.
“Ainsi, il ne ressort ni de ces statuts, ni mêmes des autres pièces produites ou des écritures de l’association, que celle-ci aurait un ressort qui excéderait celui de la ville où elle a son siège”, considère la juge. “D’autre part, l’arrêté (…) – motivé par la prévention des risques de troubles à l’ordre public sur plusieurs parties délimitées du territoire de la commune d’Angers – ne soulève pas de questions qui, par leur nature ou leur objet, excéderaient les seules circonstances locales.”
Dans ces conditions Vigie Liberté “ne justifie pas d’un intérêt lui donnant qualité pour agir à l’encontre de l’arrêté du maire”, en déduit-elle, et ses conclusions sont “manifestement irrecevables” sur le plan juridique. L’association a jusqu’au 9 avril 2026 pour contester cette ordonnance devant la cour administrative d’appel de Nantes./GF


