Au Courrier de l’Ouest, des journalistes mobilisés et des échanges qui se poursuivent avec la direction

Le mouvement social engagé au sein du Courrier de l’Ouest se poursuit. Lundi 1er juin, plusieurs journalistes du quotidien se sont réunis au siège du journal à Angers, à l’appel du Syndicat national des journalistes (SNJ). Selon le syndicat, 35 journalistes étaient présents ou représentés lors de cette assemblée générale organisée après un appel à la grève lancé quelques jours plus tôt.
À l’issue de cette réunion, les journalistes mobilisés ont présenté plusieurs demandes, dont le départ de membres de la rédaction en chef. Ils dénoncent également un malaise qui, selon eux, dure depuis plusieurs années.
Des critiques sur le fonctionnement du journal
Dans un communiqué, le SNJ pointe des difficultés liées à l’organisation du travail, au dialogue avec la hiérarchie, au management ou encore aux choix éditoriaux du journal. Le syndicat rappelle aussi que plusieurs alertes ont été lancées ces dernières années par les représentants du personnel. Il évoque également une médiation interne qui n’a pas abouti et une enquête sur les risques psychosociaux (RPS) actuellement en cours.
Les risques psychosociaux concernent notamment le stress au travail, les tensions entre collègues ou avec la hiérarchie, les situations de harcèlement ou encore les difficultés liées aux conditions de travail.
Les journalistes mobilisés demandent notamment une nouvelle organisation, davantage d’échanges autour des choix éditoriaux, une meilleure circulation de l’information en interne et des temps de discussion réguliers sur le contenu du journal.
Lors de l’assemblée générale, ils ont aussi réclamé le départ du rédacteur en chef Frédéric Barillé, du rédacteur en chef adjoint Emmanuel Vautier et de Thomas Giraudet, attaché à la rédaction en chef.
La direction demande d’attendre les résultats de l’enquête
Lundi après-midi, les représentants du personnel ont rencontré Marc Dejean, directeur général du Courrier de l’Ouest.
Selon le compte rendu diffusé par le SNJ, celui-ci a assuré vouloir « mettre tout en œuvre pour que la démarche RPS engagée aboutisse ». Il a également demandé « un peu de patience », alors que les conclusions de l’enquête sont attendues dans les prochains jours.
Toujours selon le syndicat, Marc Dejean a estimé qu’à l’issue de cette enquête, « il ne peut pas ne rien se passer » et que « la direction prendra ses responsabilités » en fonction des résultats.
De leur côté, les représentants du personnel ont indiqué attendre « des résultats, pas des mesurettes ».
Un désaccord sur la rédaction en chef
Sur la demande de départ de la rédaction en chef, la direction n’a pas donné suite.
D’après le SNJ, Marc Dejean a indiqué être « fier » du journal tel qu’il est aujourd’hui. Il a également expliqué ne pas avoir reçu de courriers de lecteurs critiquant le contenu du quotidien. Concernant la demande de changement à la tête de la rédaction, il a estimé qu’il ne pouvait pas y répondre favorablement, jugeant cette solution « ingérable ».
Les représentants du personnel ont toutefois réaffirmé leur souhait de voir se mettre en place une équipe de responsables capable de porter « un projet partagé par tous » et un fonctionnement qu’ils jugent plus respectueux des salariés.
Une nouvelle réunion le 11 juin
Malgré les désaccords, le SNJ indique vouloir poursuivre les discussions avec la direction dans les prochains jours. Le syndicat affirme privilégier le dialogue tout en restant mobilisé.
Une nouvelle réunion est prévue le 11 juin, après la présentation des résultats de l’enquête sur les risques psychosociaux aux représentants du personnel et à l’encadrement. Elle se déroulera à la fois en présentiel et en visioconférence.
Les conclusions de cette enquête sont désormais attendues par les salariés comme une étape importante pour la suite du dossier social au sein du quotidien régional.
Repère : qu’est-ce qu’une enquête sur les risques psychosociaux ?
Les risques psychosociaux (RPS) désignent les situations de travail pouvant avoir des conséquences sur la santé physique, mentale et sociale des salariés. Ils comprennent notamment le stress professionnel lié à la charge de travail, au manque de moyens ou d’autonomie, les conflits et situations de harcèlement au sein de l’entreprise, ainsi que les violences externes telles que les insultes, menaces ou agressions. Une enquête RPS vise à identifier ces facteurs de risque afin de proposer des mesures d’amélioration des conditions de travail.


