
Le nouveau Centre Départemental d’Appels d’Urgence (CDAU) de l’Orne a été officiellement inauguré à Alençon ce mardi 2 juin 2026. Opérationnel depuis septembre 2025, ce site moderne de 715 m² regroupe sur un même plateau technique l’ensemble des numéros de secours. Un investissement majeur conçu pour faire face à la hausse constante des demandes et accélérer la prise en charge des victimes
Une plateforme technologique commune pour briser les silos
Pour la première fois dans le département, les opérateurs du 15 (SAMU), du 18 (sapeurs-pompiers), du 112 (numéro d’urgence européen) et du 116 117 (Service d’accès aux soins) travaillent côte à côte. Présent lors de l’inauguration, Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, a salué le déploiement de ce 22e centre unifié en France, le qualifiant de « moyen formidable d’assurer le meilleur traitement possible pour les appels d’urgence ».
Cette mutualisation des forces fait suite à une expérimentation de cinq ans menée dans les anciens locaux des pompiers. Désormais dotées d’un outil calibré à la pointe de la technologie, les équipes disposent de 20 postes informatiques, de 110 écrans, d’un mur d’images de 6 mètres de large, de salles de gestion de crise ainsi que de deux espaces de secours (back-up) en cas de panne technique ou pour la formation des futurs médecins régulateurs. 651 m² d’espaces de vie ont également été aménagés pour les personnels qui se relaient sur place 24 heures sur 24 d’après Tendance Ouest.
Un appel par minute : l’enjeu crucial de la régulation
La création de cette structure à 2,7 millions d’euros répondait à une urgence opérationnelle, face à un réseau autrefois saturé par une hausse annuelle des appels de 3 à 5 %. Le centre traite aujourd’hui un volume massif de près de 675 000 appels par an, soit une moyenne d’un appel par minute toutes lignes confondues.
Grâce à cette proximité immédiate, le flux d’informations est devenu parfaitement fluide entre le Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS 61) et le SAMU. Cette réorganisation permet d’analyser chaque situation en temps réel afin de dissocier les urgences vitales des interventions pouvant être différées, évitant ainsi l’envoi injustifié de secours sur le terrain.
Désormais, le délai d’attente avant le premier décroché est tombé sous la barre de la minute. Pour Christophe de Balorre, président du Département et du SDIS 61, ce gain de temps est capital : l’usager obtient immédiatement le bon interlocuteur et la réponse médicale ou de secours la plus adaptée, optimisant les chances de réussite des interventions au quotidien.


