” Mais d’où vient cette enveloppe mystère ?” : À Soulaire-et-Bourg, la perspective d’un retour aux urnes met la commune sous cloche
L’avenir politique de la commune pourrait une nouvelle fois se jouer dans les isoloirs. Le jeudi 28 mai, le tribunal administratif de Nantes a préconisé l’annulation du scrutin municipal du 15 mars 2026, une élection qui s’était jouée à un souffle. La décision est attendue ce jeudi 4 juin 2026.

Lors du scrutin municipal de mars 2026, la liste Vivre Ensemble, conduite par Séverine Menet, avait obtenu 394 voix contre 393 pour la liste menée par Dominique Viannay. Une seule voix d’écart avait alors permis à la première de l’emporter.
Mais depuis plusieurs semaines, un litige autour du dépouillement empoisonne la vie communale. Au cœur de la contestation : « une mystérieuse enveloppe fantôme » glissée en trop et dont l’origine et la prise en compte dans le comptage des bulletins continuent d’alimenter les débats. Pour le tribunal administratif, cette irrégularité est de nature à jeter le trouble sur la sincérité du scrutin.
A noter aussi que la rapporteuse publique a souligné qu’il y avait eu sur les listes d’émargement une signature de plus que le nombre de bulletins de vote dans les urnes. Un électeur avait aussi signé les registres d’un bureau de vote… mais en glissant son bulletin dans l’urne d’un autre bureau. « Je ne suis absolument pas un mauvais perdant », se défend le vaincu dans une interview accordée au Point. «Ce qui m’anime, c’est le respect de la démocratie et celle-ci ne peut se mettre en place que s’il y a un scrutin légaliste, sans erreur. Après, s’il y avait eu 15 ou 20 voix d’écart, on aurait certes fait une observation, mais pas de recours. »
« C’est sur toutes les lèvres »
Ce mardi après-midi, les rues de Soulaire-et-Bourg sont particulièrement calmes. Pour prendre le pouls du village, direction l’épicerie Les Deux Clochers, l’un des rares lieux où les habitants se croisent encore quotidiennement.
Derrière son comptoir, l’épicière ne cache pas que le sujet est omniprésent. « C’est sur toutes les lèvres », confie-t-elle. Ici, chacun a son avis sur l’affaire. Une question revient sans cesse : « D’où vient cette enveloppe ? » Sans véritable réponse, l’ambiance est tendue.
Selon la commerçante, qui est presque devenue la confidente de nombreux habitants, beaucoup estiment qu’un nouveau scrutin est désormais inévitable. « Il faut retourner aux urnes pour assainir la situation », résume-t-elle. Un sentiment partagé par les villageois, mais aussi par la maire actuelle, qui aspirent avant tout à retrouver un climat plus serein.
Les projets sont à l’arrêt
En attendant une décision définitive, la commune semble vivre au ralenti. Les projets sont à l’arrêt et l’incertitude politique pèse sur le quotidien des habitants. « Rien n’avance », déplore la commerçante.
Cette situation inquiète particulièrement l’épicière. Confrontée à des difficultés économiques, elle a déjà annoncé qu’elle fermerait définitivement son commerce à la fin du mois de juin. Une disparition qui attriste de nombreux habitants car c’est aussi le seul commerce de la commune.
« Toute l’attention est focalisée sur cette affaire électorale », regrette-t-elle. « Personne ne se penche vraiment sur l’avenir de l’épicerie ni sur les autres sujets importants pour la commune. »
Dans l’attente du jugement définitif et d’un éventuel nouveau scrutin, Soulaire-et-Bourg retient son souffle. Le tribunal administratif doit rendre sa décision ce jeudi et probablement qu’un retour aux urnes n’est pas attendu avant la rentrée de septembre. « Cela va être compliqué de mobiliser et faire campagne durant l’été », reconnaît un fin connaisseur du dossier.


