Pêche industrielle dans la Manche : la bataille pour protéger les côtes s’intensifie
À l’approche des Assises de la pêche à Cherbourg, la question de l’exclusion des grands chalutiers des zones côtières de la Manche s’impose, sur fond de tensions croissantes avec la pêche artisanale.

Une pression accrue sur les côtes de la Manche
Dans la Manche et sur les côtes des Hauts-de-France, la pression monte autour de la présence des navires industriels dans les bandes côtières. Chercheurs et ONG, dont BLOOM, plaident pour interdire les bateaux de plus de 24 mètres dans ces zones proches du littoral. Selon eux, ces flottilles, souvent étrangères et peu dépendantes de ces espaces, concentrent pourtant près de la moitié des captures locales, mettant en péril l’équilibre des ressources et l’activité des petits pêcheurs.
Une cohabitation de plus en plus difficile en mer
Sur le terrain, la situation est particulièrement visible dans des zones comme le banc des Flandres, où se concentrent poissons et grands navires-usines. Dans cet espace restreint, la cohabitation devient difficile. « Lorsqu’il y a une surpêche localisée dans la bande côtière, un petit navire ne peut pas aller ailleurs », souligne l’association BLOOM selon France 3 Régions, pointant une inégalité structurelle entre pêche artisanale et industrielle. Les petits bateaux, limités dans leurs déplacements, se retrouvent directement concurrencés par des unités capables de capturer des volumes considérables.
Les pêcheurs artisans dénoncent une “concurrence déloyale”
Pour les défenseurs de la pêche artisanale, il s’agit clairement d’une « concurrence déloyale ». « La bande côtière est vitale pour les petits navires », insiste Stéphane Pinto, vice-président du comité des Hauts-de-France BLOOM, qui appelle le gouvernement à agir rapidement. Il demande que cette question soit au cœur des Assises de la pêche prévues mi-juin à Cherbourg, dans la Manche, afin de redéfinir les règles d’accès à ces zones sensibles.
Un débat encore loin d’être tranché
Le débat reste toutefois ouvert. Une première tentative d’interdiction des navires de plus de 25 mètres dans la bande côtière normande avait été décidée fin 2025, avant d’être annulée quelques semaines plus tard après un recours. Un épisode qui illustre la complexité du dossier, entre enjeux économiques, environnementaux et sociaux, au cœur des tensions qui traversent aujourd’hui la Manche.


