
Aujourd’hui à la tête du géant mondial du luxe LVMH et régulièrement classé parmi les plus grandes fortunes de la planète, Bernard Arnault a pourtant connu un épisode bien différent lors de son passage à Angers. Un nouvel ouvrage consacré à l’homme d’affaires révèle que l’armée ne lui prédisait alors aucun avenir dans les responsabilités.
Publié ce mercredi aux éditions La Tribu, Bernard Arnault, son univers impitoyable, signé par l’historienne et spécialiste de la mode Audrey Millet, retrace le parcours du milliardaire, depuis son enfance à Roubaix jusqu’à son influence dans les sphères économiques et politiques internationales.
Parmi les nombreux épisodes de cette ascension hors norme, l’autrice s’arrête sur une étape angevine peu connue. Élève de l’École polytechnique, Bernard Arnault effectue son stage militaire obligatoire à l’École d’application du génie d’Angers. Une expérience dont les conclusions apparaissent aujourd’hui étonnantes au regard de sa trajectoire.
Selon les archives citées dans l’ouvrage, les militaires chargés de son évaluation estiment alors qu’il est « inapte à se voir confier un poste de responsabilités ». Une appréciation qui contraste fortement avec la carrière que connaîtra ensuite celui qui dirige aujourd’hui un groupe rassemblant quelque 75 maisons prestigieuses.
« Ce que l’armée française identifie alors comme des défaillances du commandement, le management des années 1990 va les rebaptiser : agilité, leadership transformationnel, esprit entrepreneurial. Le monde va changer de grille de lecture », analyse Audrey Millet dans son livre.
Une ascension fulgurante
Après ses études, Bernard Arnault rejoint l’entreprise familiale de BTP avant de saisir l’opportunité du rachat du groupe textile Boussac en 1984. L’opération lui permet notamment de mettre la main sur Christian Dior, première pierre de l’édifice qui deviendra LVMH.
Au fil des décennies, il construit un empire du luxe en multipliant les acquisitions de maisons prestigieuses comme Givenchy, Kenzo, Guerlain ou encore Sephora. Son influence s’étend également aux médias avec les rachats des journaux Les Échos et Paris Match.
L’ouvrage revient également sur plusieurs batailles financières marquantes, notamment les tentatives de prise de contrôle de Gucci ou encore les tensions autour du capital d’Hermès, qui ont conduit à des sanctions de l’Autorité des marchés financiers.
Un livre déjà sous pression
Avant même sa sortie, la biographie a suscité des remous. Début juin, Le Canard Enchaîné révélait que des proches du patron de LVMH auraient exercé des pressions sur la maison d’édition.
« Je peux vous dire que la pression a été très forte », a indiqué à l’AFP Julia Pavlowitch, éditrice du livre, sans détailler davantage la nature de ces interventions.
LVMH, sollicité par l’AFP, n’a pas souhaité commenter la publication.
À travers cette enquête biographique, Audrey Millet brosse le portrait d’un entrepreneur dont le parcours ne semblait pourtant pas écrit d’avance. À Angers, les évaluateurs militaires avaient vu en lui un jeune homme peu apte à diriger. Quelques décennies plus tard, Bernard Arnault est devenu l’un des chefs d’entreprise les plus puissants de la planète, avec une fortune familiale estimée à 162 milliards de dollars selon Bloomberg en juin 2026.


