L’ancien sergent d’Angers qui avait frappé son subalterne “difficile” sanctionné par la justice
La chambre militaire du tribunal correctionnel de Rennes a condamné ce lundi 15 juin 2026 un ancien sergent du 6e régiment du génie, à Angers (Maine-et-Loire), qui avait commis des violences sur un subordonné lors d’un “terrain” à Bitche (Moselle).

Une “altercation” avait éclaté le 24 juin 2025 entre Nils XXX et un “soldat de première classe” lors d’une “revue” : ce dernier ne s’était “pas rasé” car il disait avoir des “problèmes de peau”. Nils XXX – qui était son supérieur – lui avait alors donné “un rasoir jetable” et lui avait demandé de se raser “dans une flaque d’eau”, ce que la victime avait refusé.
Selon cette dernière, le sergent lui avait ensuite “donné des coups” et traité de “grosse merde” et de “sale Arabe”, même si l’intéressé contestait avoir tenu des propos racistes. “Ce n’est pas un comportement digne d’un sous-officier”, a toutefois admis Nils XXX devant la chambre militaire du tribunal correctionnel de Rennes ce lundi 15 juin 2026.
Cet habitant de Montreuil-Juigné de 27 ans – qui avait reconnu les faits dès sa garde à vue – a confirmé avoir “asséné une baffe” à ce “subordonné assez difficile” qui avait commis ce jour-là “la provocation de trop”. “Ce n’était pas la première fois que ça arrivait dans la semaine”, a-t-il expliqué aux juges rennais. “On lui faisait souvent des remontrances, il comprenait au début mais ça ne durait jamais très longtemps.”
SANCTIONNE POUR AVOIR FAIT “MANGER UN VER DE TERRE” A UNE RECRUE
Or leur “chef de section” – qui était “le seul” à pouvoir “distribuer les sanctions” – se trouvait alors “en mission depuis quatre mois”… “Sans lui, on n’avait pas la possibilité de faire quoi que ce soit”, a assuré Nils XXX, qui faisait également face à l’époque à une “surcharge de travail” : son “état de fatigue” ne lui permettait pas “d’encadrer seul une section de trente personnes”.
“Certes, la victime n’était pas facile à accommoder”, a convenu le procureur de la République : son contrat a d’ailleurs été “résilié” quelques mois après les faits pour avoir “refusé de réintégrer son régiment”. Mais “je n’arrive pas à comprendre pourquoi M. XXX ne pouvait pas en référer à un supérieur”, s’est étonné le magistrat. “S’il n’est pas capable de se contenir face à un subalterne, qu’est-ce que ce serait en face d’un ennemi ?”
Le représentant du parquet avait dans ces conditions requis six mois de prison avec sursis, mais avait demandé que cette peine ne figure pas sur la partie du casier judiciaire accessible à certains employeurs “compte tenu des ambitions professionnelles” de Nils XXX : ce dernier souhaite en effet se reconvertir comme “pompier professionnel”.
Sur le plan disciplinaire, il avait déjà été condamné à vingt jours d’arrêts – une sanction qui prive notamment un militaire de permission – pour avoir fait “manger un ver de terre” à une “jeune recrue”… mais c’était “voulu”, selon lui. La chambre militaire du tribunal correctionnel de Rennes a finalement condamné Nils XXX à quatre mois de prison avec sursis et a ordonné la non-inscription de cette condamnation à son casier judiciaire./RB et GF


