Une dégradation marquée de la qualité écologique et chimique des cours d’eau dans la Manche

Dans le département de la Manche, la qualité des réseaux hydrographiques affiche un déclin significatif, avec seulement un dixième des rivières répondant aujourd’hui aux critères de bon état global. Face à la prolifération de micropolluants d’origine anthropique et aux conséquences du dérèglement climatique, les instances de gestion de l’eau déploient des initiatives d’aménagement pour tenter d’enrayer cette détérioration et se conformer aux exigences environnementales européennes.
Le constat d’une pollution chimique multiforme
Des analyses récentes menées sur la période comprise entre 2022 et 2024 mettent en évidence une présence endémique de polluants au sein des rivières manchoises. Les relevés effectués dans des cours d’eau majeurs tels que la Saire, la Divette, la Douve, l’Ay, la Vire et la Taute révèlent des dépassements fréquents des seuils réglementaires. Chaque station de prélèvement enregistre entre deux et dix substances problématiques, incluant des métaux lourds, des résidus d’herbicides, des hydrocarbures, des polluants éternels (PFAS) ainsi que des traces de produits pharmaceutiques. Les observateurs locaux du milieu aquatique constatent régulièrement ces dégradations, dont les origines sont multiples : développement urbain, pratiques agricoles, rejets d’eaux usées et défaillances des infrastructures d’assainissement.
Une chute drastique des indicateurs de viabilité des milieux
Si la moitié des cours d’eau du département parvient encore à maintenir un état chimique jugé acceptable, la situation s’avère beaucoup plus critique lorsque l’on intègre les paramètres écologiques. Actuellement, seuls 10 % des rivières de la Manche présentent un bon état à la fois chimique et écologique. Ce chiffre témoigne d’une détérioration rapide des milieux naturels, sachant que ce taux s’élevait à 26 % en 2019. L’érosion due au ruissellement, l’aménagement intensif du territoire et les épisodes de sécheresse successifs constituent les principaux facteurs de ce déclin. Le manque de précipitations et les fortes chaleurs affaiblissent considérablement les cours d’eau, les privant de leur capacité naturelle à se réguler et à diluer les charges polluantes.
Des actions de restauration sous la pression des aléas climatiques
Afin d’inverser cette dynamique négative, les agences chargées de la préservation des ressources hydriques collaborent avec les collectivités territoriales, le secteur agricole et les acteurs industriels pour mettre en place des aménagements correctifs. L’objectif de ces interventions est de redonner aux rivières leur fonctionnalité écologique, leur permettant ainsi de retrouver un équilibre naturel même en période de tension météorologique. Ces efforts de dépollution et de restauration visent à répondre aux directives européennes, qui imposent l’atteinte d’un bon état général des masses d’eau d’ici l’échéance de 2027. Néanmoins, la réalisation de ces objectifs se heurte à une difficulté croissante, les pressions environnementales continuant de s’intensifier sous l’effet direct des changements climatiques.
en partenariat avec REGIEPRO


