En visite ce mardi au lycée agricole du Fresne, à Sainte-Gemmes-sur-Loire, la ministre de l’Agriculture est revenue sur la sécheresse qui frappe le monde agricole et sur la crise profonde que traverse le secteur. Face au risque d’une hausse des prix des fruits et légumes, Annie Genevard appelle l’ensemble des acteurs à soutenir les productions françaises.

La situation du monde agricole était au cœur des échanges ce mardi au lycée du Fresne, à Sainte-Gemmes-sur-Loire. En déplacement dans l’établissement, Annie Genevard a été interrogée par Angers Info sur les conséquences de la sécheresse et sur la crise « extrême » que traverse actuellement l’agriculture française.
Alors que des hausses de prix sont annoncées sur les étals dans les prochains mois, la ministre s’est voulue prudente, tout en appelant à une mobilisation collective pour préserver le pouvoir d’achat des consommateurs et assurer un revenu aux producteurs.
« Pour l’instant, les prix sont contenus », a-t-elle déclaré, avant d’annoncer avoir appelé la grande distribution à « faire des efforts », notamment pour mieux mettre en avant les productions françaises.
« Il faut soutenir les producteurs français »
Pour Annie Genevard, le soutien à l’agriculture française passe également par les consommateurs. Elle les invite notamment à modifier leurs habitudes d’achat et à accepter des fruits et légumes qui ne correspondent pas toujours aux standards esthétiques habituels.
« Il faut soutenir les producteurs français, inciter les consommateurs à acheter des fruits et des légumes qui sont peut-être moins calibrés selon leurs habitudes, qui sont peut-être un peu plus biscornus, mais qui sont très consommables et très bons », a-t-elle expliqué.
Au-delà de la grande distribution et des consommateurs, la ministre estime que l’ensemble de la chaîne économique doit participer à l’effort. Transformateurs, industriels de l’agroalimentaire, banques, assureurs mais aussi collectivités locales et territoriales sont, selon elle, concernés.
La crainte d’une envolée des prix
La ministre assure suivre de près l’évolution des prix des productions agricoles. « Je suis ça de très près, toutes les semaines, j’ai des indicateurs de prix pour chaque production légumière et de fruits », a-t-elle précisé.
Si certaines productions ont déjà connu des augmentations, Annie Genevard considère qu’il est essentiel de contenir les prix afin de préserver la consommation de produits français.
« Si on veut que les consommateurs achètent nos produits agricoles français, il faut effectivement ne pas augmenter les prix », a-t-elle conclu.
Une agriculture fragilisée par la sécheresse
Cette prise de parole intervient alors que les agriculteurs doivent composer avec une situation particulièrement difficile, entre les effets de la sécheresse, les difficultés économiques et les incertitudes qui pèsent sur leurs revenus.
À Sainte-Gemmes-sur-Loire, la ministre a ainsi voulu rappeler que la réponse à cette crise ne pouvait pas reposer uniquement sur l’État. Pour Annie Genevard, c’est toute la chaîne agricole et alimentaire, jusqu’au consommateur, qui doit désormais prendre sa part dans le soutien à l’agriculture française.