Une petite révolution se prépare sur les rails entre Angers et Paris. La compagnie privée Velvet vient d’obtenir sa licence d’exploitation ferroviaire en France. Elle prépare l’arrivée de ses propres trains à grande vitesse sur la façade Atlantique, avec Paris-Angers parmi les liaisons annoncées. Une première pour les voyageurs angevins, qui pourraient bientôt avoir le choix entre plusieurs opérateurs.

À la gare Saint-Laud, les TGV pourraient bientôt ne plus tous porter le même logo. À partir de 2028-2029, un nouvel opérateur ferroviaire pourrait faire circuler ses propres trains entre Paris et Angers, face à la SNCF.
La compagnie française indépendante Velvet a annoncé ce mardi 1er septembre 2026 avoir obtenu sa licence d’exploitation de trains de voyageurs en France. Une étape importante pour cette entreprise créée par Rachel Picard, ancienne dirigeante de la SNCF, et Tim Jackson.
Cette autorisation ne signifie pas encore que les trains Velvet peuvent prendre des voyageurs. Il faudra encore obtenir le Certificat de Sécurité Unique, indispensable pour exploiter commercialement des trains. Mais le projet franchit désormais une étape très concrète.
Paris-Angers, une nouvelle concurrence sur les rails
Pour les voyageurs angevins, l’enjeu est particulièrement intéressant. Velvet prévoit de relier Paris à Angers, Nantes, Rennes et Bordeaux, avec l’objectif d’ajouter plus de 10 millions de places par an sur ces axes.
La liaison Paris-Angers est donc appelée à entrer dans cette nouvelle carte ferroviaire.
Et c’est là que se trouve la nouveauté : Velvet ne sera pas une filiale de la SNCF. Il s’agit d’une compagnie privée et indépendante qui veut exploiter ses propres trains et proposer sa propre offre commerciale.
Pour les usagers, cela pourrait à terme signifier davantage de choix sur le trajet entre Angers et la capitale : horaires, tarifs, services à bord et politique commerciale pourraient devenir des arguments de concurrence.
Le calendrier annoncé par SNCF Réseau prévoit d’ailleurs Paris-Bordeaux dès 2028, puis Paris-Rennes, Paris-Angers et Paris-Nantes en 2029.
Une première pour les voyageurs angevins ?
La concurrence ferroviaire existe déjà sur certaines grandes lignes françaises. Mais l’arrivée d’un opérateur français indépendant directement sur l’axe Paris-Angers constituerait une nouveauté importante pour les voyageurs du Maine-et-Loire.
Jusqu’ici, la SNCF reste largement dominante sur la grande vitesse française. L’italien Trenitalia s’est toutefois installé depuis plusieurs années sur plusieurs axes, notamment Paris-Lyon et Paris-Marseille.
Velvet veut désormais aller plus loin en venant directement se positionner sur les grandes liaisons de l’Ouest, traditionnellement très importantes pour la SNCF.
Des trains Alstom de dernière génération
Pour mener cette offensive, Velvet ne part pas de zéro. La compagnie a commandé 12 trains Avelia Horizon à Alstom, pour un investissement annoncé à environ 850 millions d’euros pour les rames et leur maintenance.
Il s’agit de trains de nouvelle génération, issus de la même plateforme que les futurs TGV M de la SNCF.
Le premier train Velvet a été présenté au printemps 2026 sur le site Alstom de La Rochelle. Les essais doivent précéder l’homologation et la mise en service commerciale.
La compagnie annonce de son côté plus de 300 emplois directs dans l’Ouest et une importante mobilisation des sites industriels français d’Alstom.
Quand pourra-t-on prendre un Velvet entre Angers et Paris ?
Il faudra encore patienter.
Le premier lancement commercial est prévu en 2028, avec Paris-Bordeaux comme première étape. Les autres destinations de l’Ouest, dont Angers, doivent suivre dans le calendrier annoncé par l’entreprise et SNCF Réseau.
Avant cela, Velvet doit notamment obtenir son certificat de sécurité et réserver les fameux « sillons » ferroviaires, c’est-à-dire les créneaux permettant à ses trains de circuler sur le réseau.
L’obtention de la licence annoncée ce 1er septembre est donc une étape réglementaire majeure, mais elle ne constitue pas encore l’autorisation de transporter des passagers.
Rachel Picard résume cette nouvelle étape comme une autorisation permettant désormais à l’entreprise d’aller plus loin dans la préparation des trains, des équipes et des procédures.
La bataille du train à grande vitesse s’annonce
Velvet n’est d’ailleurs pas le seul projet à vouloir profiter de l’ouverture du marché ferroviaire français. Le Train, basé à Bordeaux, et Kevin Speed ont également annoncé des projets dans la grande vitesse.
Mais pour Angers, le projet Velvet est particulièrement intéressant puisqu’il vise directement la liaison avec Paris.
Dans quelques années, un voyageur descendant à la gare Saint-Laud pourrait donc avoir le choix entre plusieurs compagnies pour rejoindre Paris. Une situation encore inhabituelle en France, et qui pourrait modifier progressivement les habitudes des voyageurs comme la bataille des prix et des horaires.