Thales s’allie à l’Université d’Angers

L’Université d’Angers et Thales travaillent à la création d’une nouvelle formation en alternance dédiée à l’électronique à Cholet. La première promotion, prévue pour la rentrée 2027, devrait accueillir 12 étudiants. Un projet qui veut répondre directement aux besoins des entreprises locales et permettre à de jeunes Choletais de se former puis de travailler sur le territoire.

L’Université d’Angers fait sa rentrée 2026 avec 200 inscriptions supplémentaires à la même date que l’an dernier. L’établissement prépare aussi une nouvelle formation en électronique à Cholet pour 2027.
Credit Angers Info -Am / L’Université d’Angers fait sa rentrée 2026 avec 200 inscriptions supplémentaires à la même date que l’an dernier. L’établissement prépare aussi une nouvelle formation en électronique à Cholet pour 2027.

C’est l’un des projets phares présentés à l’occasion de la rentrée universitaire 2026-2027. Alors que l’Université d’Angers confirme son attractivité avec des inscriptions en hausse, elle prépare aussi une nouvelle étape pour son implantation dans le Maine-et-Loire : une formation en électronique en alternance à Cholet, construite avec Thales et plusieurs entreprises du territoire.

L’objectif est fixé à la rentrée 2027. La première promotion devrait compter 12 étudiants en troisième année de BUT, avec une formation pensée au plus près des besoins des industriels choletais.

Thales au cœur du projet

Le projet part d’un constat partagé depuis plusieurs années par les élus et les industriels du Choletais : les entreprises de l’électronique ont besoin de nouvelles compétences.

« L’électronique, c’est un secteur stratégique qui recrute et qui connaît des besoins importants en compétences, à Cholet comme à l’échelle nationale », explique Alain Clément, directeur adjoint de l’IUT Angers-Cholet.

L’Université d’Angers veut donc faire évoluer son BUT Génie électrique et informatique industrielle (GEII), notamment son parcours Électronique et systèmes embarqués, pour proposer une formation davantage adaptée au bassin d’emploi choletais.

Et pour construire cette formation, l’université s’est rapprochée directement des industriels.

Thales joue un rôle central dans le dispositif. L’entreprise, qui dispose d’un site important à Cholet dans le secteur de l’électronique, soutient financièrement le projet, notamment à travers un versement exceptionnel de taxe d’apprentissage en 2026.

D’autres entreprises du territoire sont également associées à la réflexion.

« Notre priorité, c’est de bâtir une formation solide, utile aux étudiants comme aux entreprises et durablement ancrée à Cholet », précise Alain Clément.

Une formation construite directement avec les entreprises

L’ambition affichée n’est pas simplement de déplacer une formation existante d’Angers vers Cholet. Le contenu doit être construit à partir des besoins exprimés par les entreprises.

Les équipes de l’Université d’Angers se sont ainsi rendues directement sur le site de Thales à Cholet pour échanger avec les responsables et identifier les compétences recherchées.

Un exemple est particulièrement parlant : la fabrication, la réalisation et le test de cartes électroniques, qui correspondent à des besoins identifiés par Thales.

Le futur parcours doit donc fonctionner selon un principe hybride, avec des enseignements à Angers et à Cholet, mais aussi des interventions de professionnels et des enseignements pratiques pouvant être organisés directement sur le territoire.

« C’est vraiment une réponse et c’est ce qu’évoquait Madame la Présidente tout à l’heure, l’agilité de l’université, être capable de développer, d’adapter des formations sur le territoire », souligne Alain Clément.

12 étudiants pour commencer en 2027

La première promotion sera volontairement limitée.

Douze étudiants en troisième année de BUT, en apprentissage, sont envisagés pour cette première rentrée en 2027.

L’alternance pourra se dérouler chez Thales, mais également auprès des autres entreprises partenaires. L’objectif est ensuite de pouvoir augmenter progressivement les effectifs si l’expérience est concluante.

« On commence donc par 12 étudiants en 2027 et en apprentissage », rappelle l’Université d’Angers.

Derrière cette première promotion, l’établissement veut surtout construire un véritable parcours allant de la formation jusqu’à l’emploi.

« Il ne s’agit pas de former des jeunes pour les envoyer ailleurs ensuite. L’objectif, c’est vraiment qu’ils puissent s’insérer professionnellement sur le territoire choletais », explique Alain Clément.

Une opportunité pour les étudiants issus des BTS

Le dispositif ne s’adressera pas uniquement aux étudiants déjà inscrits en BUT GEII.

L’Université d’Angers souhaite également ouvrir des passerelles pour des titulaires de BTS, notamment du BTS CIEL, proposé à Cholet.

Pour Isabelle Mathieu, vice-présidente Formation et Vie universitaire, l’enjeu est important pour le territoire.

« On a souhaité également permettre à des étudiants de BTS d’envisager peut-être une poursuite d’études supérieures en restant dans le territoire. Et ça, c’est un vrai défi aussi pour le territoire choletais. »

La formation pourrait ainsi permettre à des jeunes de poursuivre leurs études tout en restant proches de leur environnement familial et de construire progressivement leur réseau professionnel auprès des entreprises locales.

L’Université d’Angers veut renforcer son rôle dans le territoire

Ce projet choletais illustre une volonté plus large de l’Université d’Angers : adapter ses formations aux besoins économiques et aux transformations du territoire.

Françoise Grolleau, présidente de l’Université d’Angers, parle de la « plasticité » de l’offre de formation.

« C’est-à-dire notre capacité à la faire évoluer pour répondre aux besoins des acteurs économiques, mais également aux besoins des nouveaux métiers ou des métiers qui sont en tension aujourd’hui. »

Pour la présidente, la formation constitue un levier direct pour l’emploi, mais aussi pour l’attractivité des territoires.

À Cholet, le rapprochement avec Thales prend donc une dimension particulière. L’université veut répondre aux besoins immédiats des industriels tout en donnant davantage de possibilités aux jeunes du bassin choletais.

Une rentrée universitaire déjà en hausse à Angers

Ce projet intervient alors que l’Université d’Angers connaît elle-même une rentrée dynamique.

Au 2 septembre 2026, l’établissement avait enregistré 200 inscriptions supplémentaires par rapport à la même date l’année précédente.

En 2025-2026, l’Université d’Angers comptait 28 552 étudiants. Le nombre de vœux formulés sur Parcoursup avait également progressé de 2,8 %, soit près de 2 000 vœux supplémentaires.

L’établissement veut par ailleurs continuer à miser sur l’accompagnement des étudiants. Guichets Infocampus, étudiants ambassadeurs et chargés d’accompagnement sont mobilisés dès la rentrée.

« Les formations restent plébiscitées globalement à l’Université d’Angers », constate Isabelle Mathieu.

Une université qui veut aussi faire rayonner sa recherche

La rentrée 2026 est également marquée par le retour de l’Université d’Angers dans le classement international de Shanghai.

L’établissement se classe 22e parmi les universités françaises classées et 792e au niveau mondial.

Mais l’université souhaite désormais aller plus loin dans la valorisation de ses travaux de recherche et dans leur rapprochement avec les entreprises.

Bruno Castanier, vice-président Valorisation, innovation et partenariats, résume cette nouvelle orientation : « L’objectif était d’accélérer finalement cette transformation d’une recherche plutôt académique vers une recherche plus appliquée. »

Le Pôle universitaire d’innovation Prédit accompagne ainsi des projets susceptibles de déboucher sur des applications concrètes, voire sur de nouvelles entreprises.

L’un des projets présentés porte notamment sur des travaux pratiques virtuels permettant de réduire le recours aux animaux dans certaines formations scientifiques.

Une rentrée tournée vers l’avenir

Avec la formation électronique préparée à Cholet, l’Université d’Angers veut montrer qu’elle peut adapter rapidement son offre aux besoins du terrain.

Le rapprochement avec Thales constitue le symbole le plus concret de cette stratégie : une grande entreprise industrielle, une université et des acteurs économiques locaux réunis autour d’une même volonté de former des techniciens supérieurs dont les compétences correspondent directement aux emplois disponibles.

La première étape est désormais fixée : 12 étudiants à la rentrée 2027. Si l’expérience fonctionne, l’Université d’Angers n’exclut pas d’élargir ensuite le dispositif.

Pour Cholet, l’enjeu est aussi de garder ses jeunes talents sur place. Pour les entreprises, de disposer de compétences formées à leurs besoins. Et pour l’Université d’Angers, de confirmer son rôle de partenaire du développement économique du territoire.

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