Une nouvelle vidéo de Jean-Eudes Gannat provoque de vives réactions au Lion-d’Angers. Dans une émission diffusée le 9 septembre sur YouTube, l’ancien responsable de l’Alvarium tient des propos visant notamment Jean-Philippe Tanguy et Sébastien Chenu, avec des passages portant sur l’homosexualité et les personnes LGBT, mais aussi sur l’immigration et la « remigration ». Le Collectif Bien Vivre Ensemble au Lion-d’Angers dénonce une nouvelle séquence qu’il juge particulièrement préoccupante.

Le Collectif dénonce des propos « homophobes »
Dans une visioconférence diffusée le 9 septembre 2026 dans le podcast vidéo « Les Infréquentables », Jean-Eudes Gannat intervient aux côtés des autres participants de l’émission. La transcription publique associée à la vidéo, consultée par notre rédaction, fait apparaître plusieurs échanges consacrés à Jean-Philippe Tanguy et Sébastien Chenu.
Les propos deviennent notamment très personnels lorsqu’est abordée la question de l’homosexualité et du positionnement de Sébastien Chenu sur les questions LGBT. Les participants évoquent également sa masculinité et son passé auprès de GayLib.
Pour le Collectif Bien Vivre Ensemble au Lion-d’Angers, ces propos constituent une nouvelle illustration de ce qu’il dénonce depuis plusieurs mois. Dans un texte publié après la diffusion de la vidéo, le collectif parle d’une « nouvelle saillie homophobe » visant notamment Jean-Philippe Tanguy et Sébastien Chenu.
Le collectif appelle également les habitants et les organisations à « refuser cet état de fait », allant jusqu’à demander : « Fermons maintenant le Café des Sports au Lion d’Angers. »
Des propos sur la « remigration »
Le même texte dénonce également les prises de position de Jean-Eudes Gannat sur l’immigration. Le collectif affirme qu’il aurait, au cours de cette nouvelle vidéo, « prôné une nouvelle fois la remigration des personnes dont il soupçonnerait l’origine étrangère ».
Là encore, il convient de distinguer les propos rapportés de leur qualification. Nous pouvons rapporter les déclarations et le terme employé par le collectif, sans présenter comme une condamnation judiciaire le caractère « raciste » ou « homophobe » de cette nouvelle séquence.
Une condamnation récente pour des propos liés à l’origine
Le contexte judiciaire de Jean-Eudes Gannat donne toutefois une dimension particulière à cette nouvelle polémique.
Le 10 juin 2026, le tribunal correctionnel d’Angers l’a condamné à trois mois d’emprisonnement avec sursis pour provocation à la haine et injure publique en raison notamment de l’origine, de l’ethnie, de la nation, de la race ou de la religion. Cette condamnation concernait une vidéo publiée en novembre 2025 et des propos visant notamment des Afghans.
Cette condamnation est un fait judiciaire établi, mais elle concerne une autre vidéo et d’autres faits. Elle ne permet donc pas de qualifier automatiquement les propos tenus le 9 septembre 2026 de « racistes » au sens juridique.
Le Café des Sports autorisé par la mairie
Cette nouvelle polémique intervient alors que le Café des Sports fait lui-même l’objet d’une importante controverse locale.
L’arrêté municipal du 10 juillet 2026 accorde à l’association ARDOUEZE l’autorisation de construire, d’aménager ou de modifier l’établissement recevant du public situé au 41 rue du Général-Leclerc.
Le dossier administratif fait apparaître des avis favorables des commissions compétentes en matière de sécurité et d’accessibilité. Le préfet de Maine-et-Loire a également accordé une dérogation portant sur certaines dispositions relatives à l’accessibilité.
Le SDIS a pour sa part émis un avis favorable au projet, sous réserve du respect de prescriptions de sécurité. Le dossier classe l’établissement en type N, 5e catégorie, avec une capacité totale de 38 personnes.
Le collectif fait le lien avec l’établissement
C’est précisément ce rapprochement que conteste et dénonce le Collectif Bien Vivre Ensemble.
Dans son communiqué, le collectif affirme que Jean-Eudes Gannat « se cache derrière l’association ARDOUEZE », qu’il présente comme liée à l’exploitation du Café des Sports. Cette affirmation doit être attribuée au collectif : les documents administratifs que nous avons consultés identifient ARDOUEZE comme demandeur et Louis Robet comme exploitant, mais ne désignent pas Jean-Eudes Gannat comme exploitant du Café des Sports.
Autre précaution importante : rien dans les documents administratifs consultés ni dans les éléments dont nous disposons ne permet d’affirmer que la visioconférence du 9 septembre a été enregistrée au Café des Sports. La vidéo doit donc être présentée comme une émission à laquelle participe Jean-Eudes Gannat, sans lui attribuer un lieu de tournage qui n’est pas établi.
« Fermons maintenant le Café des Sports »
Pour le Collectif Bien Vivre Ensemble au Lion-d’Angers, l’enjeu dépasse désormais la seule vidéo.
Il estime que l’autorisation administrative accordée au Café des Sports permet à Jean-Eudes Gannat de disposer d’un lieu pour diffuser ses idées et appelle les habitants à s’y opposer.
« Si pour les autorités cette situation est acceptable, nous appelons les citoyens et les organisations à refuser cet état de fait intolérable », écrit le collectif, avant de conclure par son appel à la fermeture de l’établissement : « Fermons maintenant le Café des Sports au Lion d’Angers. »
Ces déclarations constituent la position du collectif, et non une conclusion de notre rédaction.
La nouvelle vidéo, elle, relance donc un débat déjà particulièrement tendu au Lion-d’Angers, sur fond de controverse autour du Café des Sports et de précédentes affaires judiciaires concernant Jean-Eudes Gannat.