À Angers, ils coiffent le roi René d’un chapeau XXL pour dénoncer la publicité
Une dizaine de militants d’Extinction Rebellion ont mené une action symbolique ce dimanche 13 septembre 2026, place Kennedy à Angers. La statue du roi René s’est retrouvée coiffée d’un imposant chapeau fabriqué à partir de publicités. Une opération destinée à dénoncer la place jugée excessive de la publicité dans l’espace public.

La scène n’est pas passée inaperçue ce dimanche matin, au pied du château d’Angers. Sur la place Kennedy, une dizaine de militants d’Extinction Rebellion ont choisi la statue du roi René pour porter leur message contre la publicité.
Le souverain angevin s’est ainsi retrouvé coiffé d’un imposant chapeau en papier, fabriqué à partir de supports publicitaires. Un clin d’œil assumé au thème des Accroche-Cœurs, qui se déroulent ce week-end à Angers.
Un roi René transformé en symbole anti-publicité
Pour Extinction Rebellion, cette action de désobéissance civile non violente vise à interpeller les passants sur la présence grandissante de la publicité dans les villes.
Le collectif estime que les panneaux et dispositifs publicitaires occupent une place toujours plus importante dans l’espace public et jusque dans le quotidien des habitants. Il dénonce une situation qui, selon lui, se ferait au détriment des œuvres artistiques et des informations destinées aux citoyens.
Pendant l’action, les militants ont également apposé des slogans anti-publicité sur la statue du roi René. La police municipale est rapidement intervenue afin de demander aux militants de retirer les éléments installés sur le monument.
Selon Extinction Rebellion, trois militants contrôlés lors de l’opération se seraient vu annoncer des amendes. Le collectif affirme également avoir voulu échanger avec les agents sur les raisons de cette action.
Une nouvelle mobilisation avant un rendez-vous au tribunal
Cette opération intervient à moins de deux semaines d’un rendez-vous judiciaire qui doit opposer deux militants d’Extinction Rebellion Angers à la société JCDecaux.
Le 25 septembre 2026, ils sont convoqués devant le tribunal de police d’Angers à la suite d’une plainte déposée par l’entreprise spécialisée dans l’affichage publicitaire. Les faits remontent à novembre 2025, lors d’une précédente action menée contre des publicités à l’approche du Black Friday.
D’après le collectif, les deux militants encourent jusqu’à 1 500 euros d’amende ainsi que d’éventuels dommages et intérêts.
Extinction Rebellion entend faire de cette audience un nouveau temps fort de sa mobilisation contre l’affichage publicitaire.
Le collectif revendique une « plainte » contre la publicité
Le groupe angevin annonce également une mise en scène particulière le 25 septembre au matin. À partir de 8 heures, lors du rassemblement de soutien organisé devant le tribunal, les militants prévoient un procès fictif de la publicité.
L’objectif sera de reprendre les codes d’une audience judiciaire pour dénoncer, sur le mode théâtral, ce que le collectif considère comme les conséquences environnementales et sociales du système publicitaire.
Cette mobilisation s’inscrit dans une bataille engagée depuis plusieurs mois par Extinction Rebellion Angers.
La publicité au cœur du combat climatique
Dans son communiqué, le collectif établit un lien direct entre publicité, consommation et dérèglement climatique.
Extinction Rebellion met notamment en avant la consommation de ressources nécessaire aux supports publicitaires, mais aussi le rôle que la publicité pourrait jouer dans la création de nouveaux besoins et dans l’incitation au renouvellement de produits encore utilisables.
Le collectif dénonce également la promotion de certains modes de consommation qu’il juge particulièrement polluants, citant notamment l’automobile individuelle, le transport aérien ou encore certains produits alimentaires très transformés.
Les militants mettent cette question en perspective avec les conséquences des épisodes de fortes chaleurs observés en France durant l’été 2026. Ils estiment que la transformation des modes de consommation est devenue indispensable face au changement climatique.
Une mobilisation qui s’appuie sur une précédente relaxe
Pour défendre leur position, les militants rappellent également une décision rendue le 15 janvier 2026 par le tribunal de police d’Angers.
Trois militants poursuivis pour des faits similaires avaient alors été relaxés. Dans son jugement, la juridiction avait notamment considéré que l’action s’inscrivait dans le cadre d’une expression sur un sujet d’intérêt général et que la sanction pénale aurait constitué, dans les circonstances de l’affaire, une ingérence disproportionnée dans la liberté d’expression.
Extinction Rebellion entend désormais s’appuyer sur cette décision dans le cadre de la nouvelle procédure engagée après les actions de novembre 2025.
Le débat sur la publicité revient dans l’espace public angevin
Avec son chapeau XXL posé sur la tête du roi René, Extinction Rebellion a choisi une image volontairement spectaculaire pour relancer le débat.
À quelques mètres du château et alors que les Accroche-Cœurs animent le centre-ville, l’installation aura attiré les regards des passants. Pour le collectif, le message est clair : l’espace public ne devrait pas être uniquement un support commercial.
Cette nouvelle action intervient donc dans un contexte de tensions croissantes entre militants écologistes et acteurs de l’affichage publicitaire. Le rendez-vous du 25 septembre devant le tribunal de police d’Angers devrait désormais constituer la prochaine étape de cette mobilisation.
en partenariat avec REGIEPRO


