
La septième édition du salon du tatouage s’est tenue ce week-end à La Hune, à Saint-Benoît. Une trentaine de tatoueurs étaient réunis à l’occasion de cet événement également rythmé par des concerts, des concours de tatouage et des spectacles. Derrière l’ambiance familiale du rendez-vous, plusieurs professionnels ont toutefois fait part de leurs inquiétudes face à un secteur de plus en plus concurrentiel et à une clientèle qui réduit ses dépenses.
Plus de 15 000 tatoueurs exercent désormais en France
Selon France Bleu, le nombre de professionnels a fortement augmenté et dépasse aujourd’hui les 15 000 tatoueurs en France. Arnaud, exposant venu de Tarbes, estime notamment que les réseaux sociaux ont contribué à attirer de nouvelles personnes vers le métier, particulièrement depuis la période du Covid. Il alerte sur la nécessité de ne pas choisir un professionnel uniquement en fonction de son compte Instagram ou de ses tarifs et rappelle l’importance de la formation, de l’hygiène et des conseils apportés au client avant la réalisation d’un tatouage.
Les petits tatouages davantage demandés à Saint-Benoît
Le contexte économique pèse également sur les habitudes des clients. Les petits motifs, moins coûteux que les grandes pièces, sont davantage demandés. Arnaud explique qu’avant le Covid, son carnet de commandes pouvait afficher trois mois d’attente, alors qu’il travaille désormais « à flux tendu », avec davantage de petites pièces ou de recouvrements, moins rémunérateurs. Une évolution également constatée par Bruno Lepetit, organisateur du festival, qui observe une baisse de la demande depuis une dizaine d’années.
Une baisse de clientèle qui pèse sur les professionnels
Pour Bruno Lepetit, l’inflation et la diminution du pouvoir d’achat expliquent en partie cette situation. Lorsque les ménages disposent de peu d’argent à la fin du mois, le tatouage ne constitue pas une dépense prioritaire. L’organisateur affirme ainsi avoir divisé son salaire par trois en dix ans. À Poitiers, plus d’une quinzaine de salons sont aujourd’hui installés, alors qu’environ un adulte sur cinq porterait au moins un tatouage.
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