Dans le Mortainais, une vaste étude démarre pour mieux protéger la ressource en eau

Depuis le début du mois de septembre, le SDeau 50 mène une nouvelle étude sur la ressource en eau dans le Mortainais. Elle doit permettre de mieux protéger la prise d’eau sur la Cance et le captage du Pré-Creux, sur quatre communes du Sud-Manche. Les premières investigations doivent se poursuivre jusqu’en décembre.
Quatre communes concernées par l’étude
L’étude menée par le Syndicat départemental de l’eau de la Manche (SDeau 50) concerne Mortain, Saint-Clément-de-Rancoudray, Le Neufbourg et Saint-Barthélemy.
L’objectif est de déterminer les futurs périmètres de protection autour de deux ressources utilisées pour l’alimentation en eau : la prise d’eau sur la Cance et le captage du Pré-Creux.
La première étape consiste à dresser un état des lieux précis du secteur. Les équipes vont notamment inventorier les activités présentes autour des points de captage, parmi lesquelles l’agriculture, les stations d’épuration ou encore les anciennes décharges.
Cette cartographie doit permettre de mieux comprendre les sols, les écoulements et les éventuelles sources de pollution afin d’anticiper les mesures nécessaires à la protection de la ressource.
Les agriculteurs particulièrement concernés
L’étude intéresse directement les exploitants agricoles du secteur. Des prescriptions pourraient en effet être proposées à l’issue des investigations, notamment si certaines pratiques présentent un risque pour la qualité de l’eau.
Parmi les mesures susceptibles d’être étudiées figurent la limitation ou l’interdiction de certains produits phytosanitaires, des restrictions concernant certaines canalisations ou carrières, ou encore des adaptations liées à la présence d’animaux dans les pâturages.
Mais aucune de ces contraintes n’est actuellement arrêtée. Le SDeau 50 précise que les éventuelles prescriptions seront étudiées sur la base du travail d’un hydrogéologue, puis examinées dans les étapes suivantes de la procédure.
Une seconde étude devra ensuite déterminer les éventuels aménagements ou indemnisations nécessaires pour les personnes concernées. L’enquête publique interviendra seulement après ces différentes étapes.
Pourquoi une nouvelle étude plusieurs années après la première
Le territoire avait déjà fait l’objet d’une première étude. En 2021, la Chambre d’agriculture de la Manche avait rendu un avis défavorable sur le projet initial.
Le dossier a ensuite été retravaillé, notamment avec l’Agence régionale de santé. En 2024, la Chambre d’agriculture a finalement donné un avis favorable à la démarche.
Le SDeau 50 considère que les données de la première étude étaient devenues trop anciennes pour répondre correctement aux besoins actuels. La nouvelle campagne doit donc permettre de repartir sur une base actualisée.
Mais le syndicat n’attend pas la fin de cette procédure pour agir. Des actions visant notamment à ralentir le ruissellement, comme la plantation de haies, sont déjà menées sur le territoire.
Les nouvelles études prévues dans le Sud-Manche doivent désormais se poursuivre pendant deux à trois ans. La consultation publique pourrait intervenir à partir de 2028. L’enjeu est clairement posé : mieux protéger la ressource en eau tout en permettant aux activités agricoles et économiques de continuer à se développer.
en partenariat avec REGIEPRO

