Sécheresse en Maine-et-Loire : ce que vous avez encore le droit de faire avec l’eau
Le Maine-et-Loire reste sous haute surveillance face à la sécheresse. Le département est toujours placé au niveau « crise » pour les usages de l’eau, le niveau le plus élevé de l’échelle de restriction. Pour les particuliers, les conséquences sont très concrètes : certaines habitudes du quotidien sont désormais interdites, tandis que d’autres restent possibles uniquement à certaines heures ou sous certaines conditions. Alors, peut-on encore arroser son potager, remplir sa piscine ou laver sa voiture ? Voici ce qu’il faut savoir.

Le niveau crise est toujours en vigueur
Après plusieurs semaines de sécheresse et de faibles débits des cours d’eau, le préfet de Maine-et-Loire a placé le département en niveau crise pour les usages de l’eau. L’arrêté préfectoral du 25 août 2026 renforce les restrictions applicables aux particuliers et aux collectivités. Ces mesures restent en vigueur jusqu’à une éventuelle évolution de la situation et, au plus tard, jusqu’au 31 octobre 2026.
La situation n’est toutefois pas identique pour tous les usages. Pour les particuliers, plusieurs interdictions sont désormais très claires. Pour les agriculteurs et les professionnels, les restrictions peuvent en revanche varier selon le bassin versant et l’origine de l’eau utilisée.
Peut-on encore arroser son jardin ?
C’est probablement la question que se posent le plus les particuliers en cette fin d’été.
Pour les pelouses, la réponse est simple : non. Leur arrosage est interdit.
Même chose pour les massifs fleuris et les espaces arborés. Une exception existe toutefois pour les arbres et arbustes plantés en pleine terre depuis moins de deux ans : leur arrosage peut rester possible entre 20 heures et 9 heures, dans les conditions prévues par les restrictions en vigueur.
Le potager bénéficie d’un régime différent. Son arrosage est interdit entre 8 heures et 20 heures. Il reste donc possible en dehors de cette plage, mais uniquement dans la limite du nécessaire.
Le tableau à retenir
| Usage | Ce qui est actuellement autorisé |
|---|
| Pelouse | ❌ Interdit |
| Massifs de fleurs | ❌ Interdit |
| Arbres et arbustes de moins de 2 ans | ✅ Possible entre 20 h et 9 h, sous conditions |
| Potager | ⚠️ Interdit entre 8 h et 20 h |
| Remplissage d’une piscine privée de plus d’1 m³ | ❌ Interdit |
| Remise à niveau d’une piscine privée de plus d’1 m³ | ❌ Interdit |
| Vidange d’une piscine privée de plus d’1 m³ | ❌ Interdit |
| Lavage d’une voiture à domicile | ❌ Interdit |
| Nettoyage d’une terrasse, façade ou toiture | ❌ Interdit, sauf exceptions |
| Arrosage des terrains de sport | ❌ Interdit, sauf éventuelles dérogations spécifiques |
Ces restrictions sont celles applicables au niveau crise et peuvent comporter des dispositions particulières selon les usages et les territoires.
Et la piscine ? Attention au remplissage
C’est l’autre grande question de cette période.
Pour les piscines privées de plus d’un mètre cube, le remplissage et la vidange sont interdits. La restriction concerne également la remise à niveau ainsi que le premier remplissage dans le cadre des règles prévues par l’arrêté.
Autrement dit, une fuite importante ou une piscine qui aurait fortement perdu son niveau ne donne pas automatiquement le droit de remettre de l’eau. Il faut tenir compte des dispositions précises de l’arrêté en vigueur.
Pour les propriétaires de piscines, la consigne est donc particulièrement importante alors que les températures restent encore élevées : mieux vaut éviter toute remise à niveau non autorisée.
Peut-on encore laver sa voiture ?
À domicile, non.
Le lavage des véhicules par les particuliers à domicile fait partie des usages interdits dans le cadre du niveau crise. Il n’est donc pas question de sortir le tuyau d’arrosage ou le nettoyeur haute pression dans la cour pour laver sa voiture.
Les installations professionnelles sont soumises à des règles spécifiques. Dans le contexte actuel de crise, les possibilités sont fortement encadrées et certaines installations peuvent être concernées par des interdictions, sauf situations particulières prévues par la réglementation. Il est donc préférable de vérifier les conditions applicables à la station choisie avant de s’y rendre.
Peut-on nettoyer sa terrasse ou sa façade ?
Là encore, la réponse est généralement non.
Le nettoyage des façades, toitures, trottoirs et autres surfaces imperméabilisées est interdit, avec des exceptions notamment lorsqu’un impératif sanitaire ou de sécurité est en jeu et dans les conditions prévues par l’arrêté.
L’objectif est d’éviter que de grandes quantités d’eau potable soient utilisées pour des opérations qui peuvent être reportées.
Et pour les fontaines et les équipements publics ?
Les restrictions concernent également les collectivités. L’arrosage des pelouses, massifs et espaces verts ainsi que le nettoyage des voiries sont notamment encadrés.
Les fontaines d’ornement alimentées en circuit ouvert sont également concernées par les restrictions. Les équipements fonctionnant en circuit fermé peuvent bénéficier de dispositions différentes.
Les agriculteurs ne sont pas soumis aux mêmes règles partout
Pour les professionnels et les agriculteurs, il faut éviter de résumer la situation à un simple « tout est interdit ».
Les restrictions dépendent du bassin versant, de la nature de l’activité et de l’origine de l’eau utilisée. L’arrêté du 25 août distingue ainsi différentes zones et différents niveaux de restriction. Certaines dérogations existent notamment pour certaines activités horticoles et pépinières dans des secteurs déterminés.
Cette différence est importante dans un département comme le Maine-et-Loire, où la situation hydrologique peut varier d’un bassin à l’autre.
Pourquoi les restrictions restent-elles aussi fortes ?
Le passage en crise intervient alors que les débits des cours d’eau et les niveaux des nappes ont fortement diminué. La sécheresse s’est installée après plusieurs semaines marquées par de faibles précipitations et de fortes chaleurs.
À Angers, la pression sur la production d’eau potable avait déjà été particulièrement importante durant l’été. La Ville indiquait notamment une production moyenne de 61 900 m³ d’eau potable par jour aux Ponts-de-Cé, avec un pic à 80 000 m³ fin juin.
Le maintien des restrictions vise donc à préserver la ressource et à garantir en priorité les usages essentiels, notamment l’alimentation en eau potable et la sécurité incendie.
Une situation qui peut encore évoluer
Le niveau crise n’est pas définitif. Les restrictions peuvent être allégées, renforcées ou modifiées en fonction de l’évolution des débits des cours d’eau, des nappes et des précipitations.
Pour les habitants du Maine-et-Loire, le message reste donc le même : l’eau potable n’est pas interdite, mais ses usages doivent être limités au strict nécessaire lorsqu’ils ne sont pas prioritaires.
Et avec des restrictions annoncées jusqu’à la fin octobre au plus tard en l’absence d’évolution, la question de l’eau ne devrait pas disparaître des préoccupations des habitants dans les prochaines semaines.
en partenariat avec REGIEPRO


