Dans le Cotentin, la Diélette retrouve son lit naturel pour mieux limiter les inondations

À Benoistville, dans la Manche, la Diélette a retrouvé une partie de son lit naturel après plusieurs décennies de modifications liées aux activités humaines. Le premier volet du chantier mené par l’Agglomération du Cotentin est désormais terminé. L’objectif est de ralentir les écoulements, favoriser les zones humides et réduire le risque d’inondation en aval.
La rivière avait été détournée au fil des décennies
La Diélette n’a pas toujours suivi le tracé qu’elle emprunte aujourd’hui. Au fil des siècles, le petit fleuve côtier du Cotentin a été déplacé et aménagé pour répondre notamment aux besoins des moulins.
À Benoistville, l’Agglomération du Cotentin, compétente en matière de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations, a donc engagé des travaux sur deux secteurs de la commune, autour des moulins Labbé et Piquet.
La première phase est désormais achevée. Au niveau du moulin Labbé, mais aussi sur une parcelle communale située en amont, la Diélette a été replacée dans son lit de talweg, c’est-à-dire dans le point bas naturel de la vallée.
Quelques mois seulement après les travaux, la végétation a déjà commencé à recoloniser les abords du cours d’eau.
L’eau doit désormais s’étaler davantage en amont
L’objectif du chantier n’est pas seulement de redessiner le lit de la rivière. En lui permettant de retrouver un tracé plus naturel, les gestionnaires cherchent aussi à ralentir la circulation de l’eau.
Un cours d’eau qui suit son relief naturel forme davantage de méandres. Ces détours ralentissent les écoulements et favorisent l’apparition de zones humides. Les sols peuvent ainsi davantage stocker l’eau pendant les périodes humides avant de la restituer progressivement.
Le dispositif ne fait pas disparaître le risque d’inondation, mais vise à le déplacer vers des secteurs moins exposés. Lors des fortes pluies, l’eau peut davantage s’étendre dans les champs et les prairies en amont, plutôt que de se concentrer plus rapidement dans les zones habitées situées plus bas.
Le chantier doit aussi profiter à la biodiversité locale, puisque les zones humides constituent des milieux favorables à de nombreuses espèces.
261 000 euros de travaux avant une deuxième phase
Le projet est mené en concertation avec les exploitants agricoles et les riverains, sur la base du volontariat. Des passerelles ont notamment été installées afin de permettre aux agriculteurs de continuer à circuler. Des clôtures et des abreuvoirs doivent également éviter que les animaux piétinent directement le cours d’eau.
Les deux phases du programme représentent un investissement total de 261 000 euros. Le financement est assuré à 90 % par l’Agence de l’eau Seine-Normandie et l’Agglomération du Cotentin, tandis que les propriétaires concernés n’ont rien à payer. La Fédération départementale de pêche accompagne également le chantier.
La deuxième étape doit commencer au printemps autour du moulin Piquet, selon le même principe. Une réflexion est par ailleurs engagée avec le Service départemental d’incendie et de secours pour y installer une réserve destinée à la lutte contre les incendies.
Les effets sur la qualité de l’eau et sur la vie du cours d’eau devront être mesurés dans les prochaines années. La Diélette reste aujourd’hui classée dans un état moyen, sur une échelle allant du très bon au mauvais. Dans un Cotentin qui compte environ 2 100 kilomètres de cours d’eau, l’enjeu dépasse donc largement le seul secteur de Benoistville.
en partenariat avec REGIEPRO


