Immobilier dans la Vienne, pourquoi les acheteurs hésitent encore à se lancer

Le marché immobilier de la Vienne n’est plus considéré comme étant en crise, mais il peine toujours à retrouver une réelle dynamique. Crédit plus difficile à obtenir, nécessité de disposer d’un apport et manque de visibilité incitent de nombreux ménages à repousser leur projet. Dans le département, les prix tendent désormais à se stabiliser, tandis que certains biens restent particulièrement recherchés, selon Louis Bertin, président délégué de la Fnaim dans la Vienne, interrogé par Centre Presse.
Un marché plus équilibré, mais encore marqué par l’attentisme
Après plusieurs années mouvementées, l’immobilier dans la Vienne semble avoir retrouvé une forme d’équilibre. Mais cela ne signifie pas pour autant que les transactions repartent fortement.
Le principal problème reste aujourd’hui le manque de visibilité. Les ménages ont toujours besoin de se loger, mais hésitent davantage avant de s’engager dans un achat immobilier qui représente souvent un crédit sur vingt ou vingt-cinq ans.
Cette prudence touche particulièrement les primo-accédants. Les banques continuent d’accorder des prêts, mais examinent plus attentivement les dossiers. Pour certains ménages, c’est surtout la constitution de l’apport qui complique le passage de la location à la propriété.
Les achats motivés par une nécessité de logement continuent donc de se réaliser, tandis que les projets de confort ou les acquisitions davantage liées à un coup de cœur sont moins nombreux.
À Poitiers et Châtellerault, les étudiants continuent de soutenir la location
Le marché locatif présente une situation différente, notamment dans les deux principales villes universitaires du département.
À Poitiers et Châtellerault, les étudiants représentent une part importante de la demande. Les recherches de logements commencent désormais très tôt, dès les premières réponses de Parcoursup, avant de connaître un nouveau pic autour des résultats du baccalauréat.
En août, le stock disponible se réduit fortement. Les étudiants qui attendent la fin de l’été pour chercher un logement peuvent donc avoir le sentiment de faire face à une véritable pénurie.
Selon la Fnaim, il s’agit toutefois davantage d’une tension saisonnière que d’un manque structurel de logements. À plus long terme, la baisse attendue du nombre d’étudiants liée à l’évolution démographique pourrait même contribuer à détendre ce marché.
Côté loyers, la hausse reste modérée. Sur le parc observé par la fédération, elle s’établit autour de 1,5 % en moyenne, avec des niveaux qui restent jugés relativement accessibles pour la population locale.
Maisons familiales et petites surfaces restent recherchées
Tous les logements ne rencontrent pas les mêmes difficultés sur le marché viennois.
Les petites surfaces, notamment les T2 proches des facultés, restent prisées par les investisseurs. Elles peuvent notamment attirer des acheteurs venant de grandes villes, pour lesquels les prix de la Vienne offrent des possibilités d’investissement différentes.
Du côté des particuliers, les maisons familiales bien situées et proposées au juste prix continuent également de trouver preneur. À l’inverse, les pavillons plus classiques lorsqu’ils sont très nombreux dans un même secteur peuvent être plus difficiles à valoriser.
Le diagnostic de performance énergétique joue également un rôle croissant. Un logement bénéficiant d’un bon DPE et correctement positionné en matière de prix peut encore se vendre dans de bonnes conditions. À l’inverse, les logements énergivores risquent davantage de subir une décote.
Pour les professionnels de l’immobilier, la reprise dépend donc moins d’un rebond spectaculaire que du retour progressif de la confiance des ménages. Dans la Vienne, les prix se stabilisent et le marché retrouve un certain équilibre, mais beaucoup d’acheteurs attendent encore de pouvoir se projeter avant de passer à l’acte.
en partenariat avec REGIEPRO


