À Angers, les habitants des Hauts de Saint-Aubin choisissent désormais le prix de leurs spectacles
À partir du 1er octobre, le Lieu Culturel des Hauts de Saint-Aubin lance une nouvelle saison avec une formule originale : les spectacles programmés par les habitants seront accessibles à prix libre et conscient, à partir de 3 €. Une manière de lever le frein du prix tout en rappelant que la culture a un coût.

Dans les Hauts de Saint-Aubin, la prochaine saison culturelle ne sera pas seulement celle des artistes. Elle sera aussi celle des habitants. Depuis quatre ans, un collectif de bénévoles du quartier, le CLAC – Collectif du Lieu Artistique et Culturel –, participe directement au choix des spectacles présentés au Lieu Culturel des Hauts de Saint-Aubin.
Cette année, le collectif a décidé d’aller un peu plus loin. À partir du 1er octobre, les rendez-vous culturels qu’il programme seront proposés à prix libre et conscient, avec un tarif minimum fixé à 3 euros. Les enfants de moins de 7 ans pourront, eux, entrer gratuitement.
Ici, les habitants choisissent aussi la programmation
L’histoire commence il y a quatre ans. Des femmes et des hommes du quartier se réunissent autour d’une même envie : faire vivre un lieu culturel qui ressemble aux habitants des Hauts de Saint-Aubin.
Au fil des rencontres, ils découvrent des artistes, échangent sur leurs envies et construisent la programmation. Le CLAC fonctionne ainsi comme un collectif d’habitants qui prend part aux décisions artistiques et cherche à proposer des spectacles accessibles au plus grand nombre.
« Prix libre » ne signifie toutefois pas « spectacle gratuit ». C’est justement l’autre dimension défendue par le collectif.
Pour chaque proposition, un « juste prix » sera affiché. Ce montant servira de repère aux spectateurs pour comprendre ce que coûte réellement la création et la diffusion d’un spectacle.
Chacun pourra ensuite participer selon ses moyens, avec un minimum de 3 euros. Une famille qui dispose d’un budget limité pourra donc venir au spectacle sans que le prix d’entrée devienne un obstacle, tandis qu’un spectateur qui le souhaite pourra contribuer davantage.
Une nouvelle façon de parler du prix de la culture
Derrière cette formule, le CLAC veut donc poser une question très concrète : combien sommes-nous prêts à payer pour un spectacle, et savons-nous réellement ce qu’il coûte ?
Le dispositif cherche à concilier deux objectifs. D’un côté, permettre au plus grand nombre de franchir les portes du Lieu Culturel des Hauts de Saint-Aubin. De l’autre, rappeler que derrière un spectacle se trouvent des artistes, des techniciens, des lieux, des déplacements, du matériel et toute une chaîne de professionnels.
Le prix libre devient ainsi autant une question d’accessibilité qu’une manière de sensibiliser le public à l’économie de la création artistique.
Une ouverture de saison les 1er et 2 octobre à Angers
Cette nouvelle saison sera officiellement lancée les jeudi 1er et vendredi 2 octobre, dans la salle de spectacle Camille Lepage de la Maison de quartier des Hauts de Saint-Aubin.
Jeudi soir, à partir de 19 heures, ce sont les bénévoles du CLAC eux-mêmes qui présenteront la programmation. Ils expliqueront leurs choix et raconteront cette aventure culturelle construite depuis plusieurs années avec les habitants du quartier.
La soirée permettra également de rencontrer Clémentine Hug, artiste invitée pour une exposition visible du 1er au 30 octobre. La chorale Bayan viendra ensuite clôturer cette soirée de lancement.
Le lendemain, vendredi 2 octobre, place au spectacle avec « ADN », une création de la compagnie La Turbulente, qui poursuivra cette ouverture de saison placée sous le signe de la découverte.
Aux Hauts de Saint-Aubin, la culture se construit avec les habitants
Au-delà de la programmation, cette initiative raconte finalement une autre manière de faire vivre la culture à l’échelle d’un quartier. Ici, les habitants ne sont pas seulement spectateurs. Ils participent aux choix, discutent des propositions et cherchent ensemble les moyens de rendre les spectacles accessibles.
Avec le prix libre et conscient, le CLAC ajoute une nouvelle pièce à cette démarche. Le public pourra choisir ce qu’il donne, mais sera aussi invité à regarder autrement le prix d’un spectacle.
Une façon, pour les Hauts de Saint-Aubin, de défendre une idée simple : la culture peut être un espace partagé, où chacun peut entrer, participer et trouver sa place.
en partenariat avec REGIEPRO


