De la Champagne à l’Anjou, une nouvelle histoire s’écrit au Domaine Marie Millasseau
À Champ-sur-Layon, les vendanges viennent de s’achever. Dans les rangs de vigne, le ballet des caisses et des tracteurs a laissé place au calme. Pour Matthieu Millasseau et Constance Martinet, cette deuxième vendange marque pourtant le début d’une nouvelle étape. Celle d’un domaine familial qui change doucement de visage, entre conversion en agriculture biologique, nouvelles cuvées et développement de l’œnotourisme.

L’histoire commence avec une rencontre. Celle de Matthieu, enfant du domaine familial angevin, et de Constance, venue de Champagne avec sa propre culture du vin et de la vigne. Deux territoires viticoles, deux histoires, mais une même envie : faire vivre autrement une propriété familiale sans effacer ce qui a été construit avant eux.
Une Champenoise devenue « Champenaise »
Pour Constance Martinet, le passage de la Champagne à l’Anjou a forcément quelque chose d’un voyage entre deux mondes. Le vignoble n’est pas le même, les paysages changent et le chenin a remplacé les cépages champenois de son environnement d’origine.
Le couple en a même fait un clin d’œil avec une expression devenue une petite signature : Constance est désormais une « Champenaise ».
Derrière la formule, il y a surtout un projet commun. Matthieu travaille aujourd’hui les terres familiales et poursuit une histoire commencée avant lui. « Le domaine fait partie de l’histoire de ma famille. L’idée n’est pas de repartir de zéro, mais de continuer à le faire évoluer avec notre vision et notre façon de travailler », explique-t-il.
Au Domaine Marie Millasseau, le chenin occupe une place centrale. Cépage emblématique de l’Anjou, il est travaillé avec la volonté de conserver de la fraîcheur et de laisser s’exprimer les caractéristiques du terroir.
Une vendange qui marque la fin de la conversion en bio
Cette année, les vendanges avaient une saveur particulière. Le domaine vient d’achever sa deuxième récolte depuis le lancement de cette nouvelle étape de son histoire.
Le 5 septembre 2023, le Domaine Marie Millasseau s’était officiellement engagé dans une conversion vers l’agriculture biologique. Trois ans plus tard, la vendange 2026 devait donc être celle de la première certification.
Mais la vigne a cette année encore dicté son calendrier.
La précocité exceptionnelle du millésime a conduit à récolter la majeure partie des raisins avant le 5 septembre. Résultat : tous les vins ne pourront pas encore bénéficier de la certification bio dès cette récolte. Les liquoreux, vendangés plus tardivement, seront en revanche les premiers à pouvoir l’obtenir.
Une particularité qui raconte aussi le caractère très singulier de ce millésime 2026, marqué par une précocité historique dans les vignobles angevins.
Au-delà de la bouteille, faire découvrir un lieu
Pour Matthieu et Constance, faire évoluer le domaine ne signifie toutefois pas uniquement modifier leur manière de travailler la vigne.
Peu à peu, le projet s’étend aux visiteurs. Leur volonté est de faire du Domaine Marie Millasseau un lieu où l’on vient autant pour découvrir les vins que pour prendre le temps de comprendre le territoire qui les entoure.
C’est dans cet esprit que le couple a récemment ouvert Maison Mima. À proximité du domaine, deux gîtes premium peuvent accueillir jusqu’à douze voyageurs.
L’idée est simple : prolonger l’expérience après la dégustation et permettre aux visiteurs de rester quelques jours en Anjou.
« Nous avions envie de créer un lieu où les gens puissent prendre le temps. Découvrir nos vins, mais aussi notre environnement, notre façon de travailler », raconte Constance Martinet.
Une manière aussi de faire découvrir l’Anjou autrement, au rythme des saisons, des vignes et des vendanges.
Une nouvelle page pour une histoire familiale
À Champ-sur-Layon, le changement ne se fait donc pas à coups de grands bouleversements. Il se construit progressivement, dans les vignes comme autour du chai.
La fin de la conversion en agriculture biologique, cette deuxième vendange, le travail autour du chenin et l’ouverture de Maison Mima dessinent aujourd’hui les contours d’un nouveau chapitre.
Le Domaine Marie Millasseau reste une histoire familiale, mais une histoire qui s’écrit désormais à deux. Entre l’héritage angevin de Matthieu et les racines champenoises de Constance, le domaine cherche son propre équilibre.
Une histoire de transmission, finalement, mais aussi de rencontre. Et en Anjou, cette rencontre commence désormais à se raconter dans les verres, dans les vignes et jusque dans les chambres de Maison Mima.
en partenariat avec REGIEPRO


