La ligne Nantes – Le Mans se sécurise face aux collisions avec les animaux

Démarrée en septembre 2024, une opération de sécurisation d’envergure a été engagée sur la ligne Nantes – Le Mans, et plus particulièrement sur l’axe Angers – Nantes, le plus fréquenté de la région Pays de la Loire, afin d’empêcher les collisions entre les trains et la faune sauvage. Ce jeudi 24 septembre 2026 se déroulait la visite de chantier de mi-parcours à Bouchemaine, en présence du préfet de région Laurent Hottiaux, venu constater l’avancée de ce projet qui s’achèvera en 2028.
140 trains par jour exposés au risque ferroviaire
C’est au rythme des masses et des marteaux-piqueurs que se déroule le quotidien des ouvriers chargés de poser des clôtures sur l’ensemble de la liaison Le Mans – Nantes. Cet itinéraire intègre le tronçon Angers – Nantes, le plus emprunté de la région, avec environ 140 trains par jour et près de 12 millions de voyageurs annuels, selon les chiffres de la SNCF.
Sur la ligne, rien qu’en 2026, plus d’une quarantaine de chocs entre des rames et des animaux ont paralysé le réseau ferroviaire régional, impactant directement plus de 350 trains et provoquant d’importants retards.
Un enjeu important pour cet axe majeur qui accueille à la fois TGV, TER et Intercités : « C’est une ligne hybride, qui n’est pas aux normes des lignes exclusivement dédiées aux TGV. Cette modernisation va apporter plus de fiabilité et une meilleure régularité de circulation », a expliqué Roch Brancour, vice-président du conseil régional des Pays de la Loire.
Un chantier monumental de 34,5 millions d’euros
Pour mener à bien ce projet colossal de 34,5 millions d’euros, une collaboration étroite a été nouée entre la SNCF, la préfecture et la région des Pays de la Loire. S’inscrivant dans le cadre du contrat de plan État-Région 2021-2027, le financement est réparti à hauteur de 58 % pour l’État, 23 % pour la Région et 19 % pour la SNCF.
Concrètement, sur les 156 km du tracé Le Mans – Nantes, plus de 300 km de grillage vont être installés.
En zone rurale, les structures s’élèvent à 2,50 m de hauteur afin de faire obstacle aux sauts des cervidés. À la base, un grillage anti-fouisseur est enterré sur 50 cm pour empêcher les blaireaux, notamment, de creuser et éviter que les sangliers ne forcent le passage.
Dans les zones urbanisées, les clôtures sont limitées à 2 m pour s’intégrer plus harmonieusement au paysage.
Cap sur la moitié du déploiement d’ici fin 2026
Même si le projet a pris du retard en raison des aléas climatiques, mais aussi de la gestion de la biodiversité sur le chantier, à la fin de l’année 2026, les travaux atteindront le cap symbolique du mi-parcours : « Cette année, 37 km de clôtures sont en cours de pose sur la ligne entre Angers et La Possonnière », assure Yohan Devautour, maître d’ouvrage du projet.
Les travaux ont débuté au sud du Mans, sur la partie nord de l’axe ferroviaire, notamment à hauteur de Morannes-sur-Sarthe, Noyen-sur-Sarthe et plus récemment Allonnes-en-Anjou.
Des aménagements dont les premiers résultats se font déjà sentir, selon le maître d’ouvrage : « Sur les zones déjà équipées, nous constatons une baisse des collisions par rapport à la période 2019-2023. »
Préserver la biodiversité grâce à des passages dédiés
Si ces clôtures visent en priorité à garantir la ponctualité des rames, elles ont également été conçues pour préserver la faune locale.
Des ouvertures spécifiques (« pass ») seront aménagées dans le grillage sur des secteurs ciblés pour leur intérêt écologique. Pour permettre la traversée des petites espèces comme les hérissons ou les mulots, un cadre renforcé par une plaque métallique a été fixé au sol : « Nous avons posé des caméras pour vérifier le bon fonctionnement du dispositif, et nous avons pu observer des hérissons et d’autres petits animaux emprunter ces passages », a déclaré Yohan Devautour.
Ce travail, mais aussi le projet dans son ensemble, est mené en concertation avec des associations de protection animale et les services de l’État. Il garantit une gestion transparente des opérations et la réalisation d’aménagements d’ouvrages prenant en compte la biodiversité, en particulier la préservation des espèces protégées.
Prochaine étape majeure : 2028, date prévue pour la livraison finale du chantier.
Aidan Bossard
en partenariat avec REGIEPRO


