Trafic de cocaïne et laboratoire clandestin dans le Maine-et-Loire: dix hommes présentés à la justice

Dix hommes doivent être présentés à la justice vendredi à Paris dans le cadre d’une enquête sur un trafic de cocaïne, impliquant un laboratoire clandestin de transformation dans un hameau du Maine-et-Loire, a indiqué le parquet anti-criminalité organisée (Pnaco), sollicité par l’AFP.

Photo d’archives/REUTERS/Gonzalo Fuentes / Un laboratoire clandestin installé dans une vieille maison de Chigné, dans le Maine-et-Loire, était au cœur d’un vaste trafic de cocaïne. Dix hommes doivent être présentés à la justice vendredi soir à Paris, dans le cadre de cette enquête menée depuis près de deux ans.

“Dix défèrements auront lieu dans la soirée” de vendredi, a confirmé le Pnaco, sans donner davantage de précision pour le moment.

Selon une source proche du dossier, les dix hommes ont été interpellés cette semaine dans le Nord, en région parisienne et dans la région nantaise. Connus jusqu’ici pour des faits de délinquance, ils sont suspectés d’avoir participé à l’importation et à la dissémination de cocaïne – contenue dans de la pulpe de fruit – sur le territoire français.

Parmi eux figurent “les têtes du réseau en France”, selon la source proche, qui a précisé qu’il n’y avait “pas de chimistes” parmi les mis en cause déférés.

Certains ont reconnu les faits pendant la garde à vue, d’autres ont gardé le silence, selon la même source.

L’enquête, menée par l’Office anti-stupéfiants (Ofast), a démarré il y a presque deux ans par un signalement d’importations de containers contenant de la pulpe de fruit congelée imbibée de cocaïne. Celle-ci arrivait par bateaux d’Amérique latine dans les ports du nord de l’Europe.

La pulpe était ensuite disséminée en France avec plusieurs lieux de stockages, des équipes cloisonnées, a indiqué la source proche de l’enquête, en faisant état d’un “réseau très bien organisé”.

La cocaïne était ensuite séparée via un procédé complexe dans un laboratoire clandestin dans une vieille bâtisse en rase campagne à Chigné, un hameau de Maine-et-Loire. Il s’agissait du seul laboratoire utilisé par ce réseau.

Au cours des investigations, les enquêteurs ont détecté l’arrivée sur le territoire de précurseurs chimiques, utilisés dans la fabrication de certaines drogues.

Les enquêteurs, qui étaient parvenus à retracer le cheminement de la drogue, étaient à la recherche du lieu de transformation quand un membre de la famille propriétaire de la maison de Chigné a découvert, à l’intérieur, le laboratoire clandestin à l’été 2025.

Les enquêteurs soupçonnent un petit-fils des propriétaires d’avoir loué au noir la maison.

Les laboratoires clandestins se sont multipliés en Europe ces dernières années, témoignant des mutations du trafic. L’Europe, zone géante de transit de cargos, occupe désormais un rôle croissant dans la transformation de cocaïne mais aussi dans la production de drogues de synthèse.

Entre 2019 et 2023, les autorités européennes ont signalé le démantèlement de 4.375 laboratoires clandestins, selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Près d’un tiers produisaient de la méthamphétamine, 19% de l’amphétamine, 4% de la cocaïne.

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