À Chemillé-en-Anjou, une pétition demande de préserver les arbres avant la création des terrains de padel
À Chemillé-en-Anjou, le projet de création de terrains de padel à proximité de la piscine de l’Hyrôme prend une nouvelle tournure. Une mobilisation citoyenne se structure désormais autour de la préservation des arbres présents sur la parcelle retenue pour le futur équipement. Une pétition demande la suspension de tout abattage et l’étude d’alternatives avant toute intervention.

Le projet est porté par la commune dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt. Le futur équipement doit prendre place avenue du Général-de-Gaulle, sur une emprise d’environ 1 670 m², à proximité immédiate de plusieurs installations sportives.
Le secteur accueille déjà la piscine de l’Hyrôme, trois terrains de tennis extérieurs, une halle comprenant trois courts ainsi qu’un complexe sportif avec notamment un terrain de football et un terrain stabilisé. Le projet prévoit la création de trois à quatre terrains de padel, avec une mise en service envisagée en 2026.
Une parcelle arborée au cœur de la contestation
C’est précisément l’emplacement choisi qui concentre aujourd’hui les interrogations. La parcelle concernée, identifiée dans les documents de mobilisation sous la référence AX 248p, est actuellement arborée. Les habitants à l’origine de la pétition estiment que cet espace constitue aujourd’hui un îlot de fraîcheur et de biodiversité au sein du pôle sportif.
Dans les documents liés à l’appel à manifestation d’intérêt, la commune précise que les éventuels arbres supprimés devront faire l’objet d’une compensation, à hauteur de trois arbres replantés pour un arbre abattu.
Mais pour les habitants mobilisés, cette compensation ne répond pas à la question de la disparition des arbres déjà présents. La pétition souligne notamment que trois jeunes arbres replantés ne permettent pas de retrouver immédiatement les bénéfices apportés par des arbres adultes.
La mobilisation s’est donc organisée autour d’une demande simple : suspendre l’abattage et comparer les différentes possibilités d’implantation du padel avant toute décision irréversible.
L’abattage présenté comme confirmé
Stéphane Dauly, habitant de Chemillé-en-Anjou, indique avoir participé à une réunion avec des représentants de la commune. Selon les éléments qu’il rapporte et qui figurent désormais dans les documents de mobilisation, l’abattage des arbres aurait été confirmé pour permettre la réalisation du projet de padel.
Cette affirmation constitue désormais l’un des principaux points de crispation. Les habitants demandent que les éléments techniques permettant de justifier le choix de cette parcelle soient rendus accessibles.
Leur démarche ne remet pas en cause, sur le principe, la création de terrains de padel à Chemillé-en-Anjou. Elle porte avant tout sur le choix du terrain et sur la nécessité, selon eux, d’étudier d’autres implantations avant de supprimer les arbres.
Une autre piste évoquée : les terrains de tennis extérieurs
Les documents de la pétition mettent désormais en avant une alternative précise : les terrains de tennis extérieurs identifiés sous la référence AX 320.
Cette piste pourrait permettre, selon les habitants, d’étudier une implantation sur une emprise déjà artificialisée plutôt que sur la parcelle arborée. Ils demandent toutefois que cette possibilité soit réellement étudiée sur les plans technique, sportif et financier avant d’être écartée.
La question est notamment de savoir quelles seraient les conséquences d’une telle implantation sur les activités actuelles du club de tennis, sur l’accès au site, les circulations, le stationnement et l’organisation générale du pôle sportif.
À ce stade, les documents transmis ne permettent pas d’établir que cette solution serait techniquement réalisable ni qu’elle permettrait effectivement d’accueillir les trois ou quatre terrains de padel prévus. C’est précisément pour cette raison que les habitants demandent qu’elle fasse l’objet d’une étude comparative.
« Oui au sport, oui au padel si le besoin est confirmé »
La mobilisation cherche ainsi à se démarquer d’une opposition de principe au projet.
Sur les affiches de la pétition, le message est formulé de manière explicite : « Oui au sport. Oui au padel si le besoin est confirmé. Mais pas au prix de la disparition d’arbres déjà présents, alors que des alternatives existent. »
Les habitants souhaitent notamment que le dossier complet soit communiqué, qu’un moratoire soit instauré sur l’abattage et qu’une implantation sur une emprise déjà artificialisée soit étudiée.
Ils demandent également que la parcelle arborée puisse conserver une vocation de proximité, avec pourquoi pas des bancs, des tables de pique-nique, des plantations complémentaires ou des équipements de loisirs légers.
Une pétition désormais lancée
La mobilisation prend aujourd’hui la forme d’une pétition citoyenne intitulée « Non à l’abattage des arbres », consacrée au secteur de la piscine de Chemillé-en-Anjou. Les documents de présentation invitent les habitants, usagers et personnes soutenant la démarche à signer afin de demander la suspension de tout abattage.
Quatre demandes principales sont mises en avant : un moratoire immédiat sur tout abattage, la communication complète du dossier, l’étude d’une implantation sur une emprise déjà artificialisée et la préservation de la parcelle arborée comme espace de fraîcheur et de biodiversité.
Le débat se déplace donc désormais du simple projet de padel vers le choix de son implantation. La commune souhaite développer une nouvelle offre sportive ; des habitants demandent de leur côté que cette évolution ne se traduise pas nécessairement par la disparition d’une parcelle aujourd’hui arborée.
La question qui reste posée est désormais très concrète : le terrain AX 248p est-il réellement indispensable à la réalisation du projet, ou une implantation sur une emprise déjà artificialisée, notamment du côté des terrains de tennis AX 320, peut-elle être étudiée ?
Pour les habitants mobilisés, une chose est certaine : avant de couper les arbres, il faut comparer les alternatives.
en partenariat avec REGIEPRO


