« Je ne voulais pas stigmatiser » : à Angers, le proviseur du lycée Chevrollier revient sur son message et les « jeunes de la Roseraie »
Un message adressé aux parents mardi 29 septembre par le proviseur du lycée Chevrollier, provoque la colère de plusieurs lycéens. Dans ce message, le chef d’établissement affirme que « des jeunes du quartier de la Roseraie » auraient profité du mouvement de blocage pour mettre le feu à des caddies et jeter des pétards. Des élèves contestent et dénoncent une stigmatisation du quartier. Ils demandent désormais des excuses. Le proviseur s’explique pour Angers Info.

Les journées de mobilisation dans la fonction publique, mardi 29 septembre et mercredi 30 septembre, ont été marquées par des mouvements devant plusieurs lycées angevins. Au lycée Chevrollier, un blocage pacifique de l’établissement est mis en place devant les grilles.
Dans un message adressé aux parents, via Pronote, le logiciel qui met en lien l’établissement, les élèves et les familles, le proviseur Jean-Marc Boigné revient sur les événements de la matinée du mardi 29 septembre. Selon lui, seule « une vingtaine » d’élèves se trouvait alors sur le parvis et l’accès à l’établissement avait pu être maintenu. C’est la suite du message qui suscite aujourd’hui la polémique.
« Des jeunes du quartier de la Roseraie »
Le proviseur écrit que « des jeunes du quartier de la Roseraie ont cherché à en profiter », mettant selon lui « le feu à des caddies dans la rue Adrien-Recouvreur » et « y jetant des pétards ». Il indique également que la police était présente pour encadrer « cette agitation » et que les personnels de l’établissement étaient mobilisés afin que la situation se déroule au mieux.
Le chef d’établissement appelle ensuite les parents à relayer son message auprès de leurs enfants, leur demandant de « s’éloigner de ces phénomènes » et de rentrer dans l’établissement. Le passage sur les jeunes de la Roseraie fait bondir plusieurs lycéens.
« C’est faux et c’est stigmatisant »
Selon plusieurs élèves avec lesquels nous avons échangé, le lien établi entre les incidents et des jeunes de la Roseraie ne correspond pas à ce qu’ils ont observé mardi.
Ils contestent notamment que les personnes impliquées dans les feux de caddies soient nécessairement des jeunes issus du quartier prioritaire voisin. Pour eux, le message du proviseur revient à désigner un quartier et ses habitants sans élément permettant, selon eux, d’établir cette origine.
« C’est faux. Ce sont des lycéens de Chevrollier, nous assumons et c’est notre mode de revendication », dénoncent des lycéens, qui estiment également que cette formulation est « stigmatisante ».
La polémique dépasse donc désormais le seul déroulement du mouvement de mardi. Plusieurs élèves demandent des excuses publiques du proviseur, considérant que les propos tenus dans un message envoyé à l’ensemble des familles ont contribué à alimenter un amalgame entre les incidents survenus devant le lycée et les habitants de la Roseraie.
Angers Info a révélé, ce mercredi 30 septembre, que quatre jeunes avaient été interpellés aux abords du lycée. Ils ont été placés en garde à vue pour participation à un attroupement armé.
Les précisions du proviseur
La question est désormais de savoir précisément qui a participé aux incidents constatés devant Chevrollier, et sur quels éléments le proviseur s’est appuyé pour attribuer ces faits à « des jeunes du quartier de la Roseraie ».
Contacté par la rédaction d’Angers Info, Jean-Marc Boigné, le proviseur de l’établissement indique qu’il a eu, en sa possession, des éléments de la police concernant un groupe de jeunes qui venait du quartier de la Roseraie pour mettre le feu. « Ils étaient, dès le matin, sur le parking et ils s’occupaient des chariots et d’y mettre le feu. Je peux vous assurer que ce n’étaient pas des élèves de l’établissement », assure le proviseur.
Sur la formulation et l’utilisation « des jeunes du quartier de la Roseraie », le proviseur reconnait une maladresse. « J’aurai dû dire qu’il s’agissait d’éléments qui ne venaient pas du lycée».
Jean-Marc Boigné insiste sur le fait qu’il a vu des élèves de son lycée « demander à ces autres jeunes d’arrêter de mettre le feu ».
Pointé du doigt pour avoir stigmatisé des jeunes du quartier, Jean-Marc Boigné n’envisage pas de présenter ses excuses. « Je n’ai pas cherché à stigmatiser les jeunes du quartier de la Roseraie. D’ailleurs, certains sont scolarisés à Chevrollier et réussissent très bien leur scolarité. »
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