À Pons, la Maison Colibri va fermer après 130 ans et laisser des dizaines de salariés sans emploi

C’est la fin annoncée d’une histoire industrielle qui avait commencé au XIXe siècle. À Pons, la Maison Colibri doit fermer son usine en octobre 2026. Une soixantaine de salariés en CDI sont concernés, alors qu’aucun repreneur n’a finalement permis de sauver le site historique de fabrication des célèbres madeleines.
À Pons, dans le sud de la Charente-Maritime, les dernières semaines de la Maison Colibri s’écrivent désormais dans l’incertitude pour les salariés. La biscuiterie, implantée dans la commune depuis 1896, doit définitivement cesser son activité en octobre 2026.
Cette fermeture met directement en jeu environ 60 emplois en CDI, auxquels peuvent s’ajouter des emplois intérimaires utilisés notamment lors des périodes de forte activité. Après plusieurs mois de recherche d’un repreneur, aucune solution n’a finalement permis de maintenir l’activité industrielle à Pons.
Le site était pourtant intimement lié à l’histoire de la ville et à celle de ses madeleines. Maison Colibri rappelle elle-même que son atelier historique se trouve toujours à Pons, où sont fabriquées ses pâtisseries.
Une usine née en 1896 et devenue un symbole de Pons
L’histoire commence à la fin du XIXe siècle avec la création de la biscuiterie Colibri. Les premières madeleines y étaient alors fabriquées à la main et vendues notamment à la sortie de la gare de Pons.
Une nouvelle usine est ensuite construite en 1965, accompagnant le développement de la production. Au fil des décennies, la biscuiterie change de propriétaires et traverse plusieurs périodes difficiles, mais conserve son implantation pontoise.
Maison Colibri rappelle aujourd’hui que son histoire remonte à plus de 125 ans et que Pons demeure son site historique de fabrication.
La marque a également connu une nouvelle étape en 2017 avec son changement d’identité en Maison Colibri. Mais derrière la marque vendue partout en France se trouve toujours le même ancrage industriel : l’usine de la route de Marennes, à Pons.
La fermeture de ce site représente donc plus qu’un arrêt de production pour la commune. Elle marque la disparition d’une activité installée depuis plus d’un siècle sur le territoire.
Des difficultés économiques invoquées par Paticeo
La décision de fermer l’usine remonte à 2025. Paticeo, la filiale agroalimentaire du groupe Roullier qui regroupe notamment Maison Colibri, avait annoncé un projet de cessation d’activité face à une situation économique jugée durablement déficitaire.
La direction avait notamment mis en avant la hausse du coût des matières premières, de la production et des équipements. Malgré les investissements engagés ces dernières années, le site était présenté comme ne disposant pas de perspectives suffisantes de redressement à moyen terme.
La fabrication devait néanmoins continuer jusqu’à l’échéance prévue, pendant qu’un processus de recherche de repreneur était engagé.
Cette recherche devait permettre de préserver tout ou partie des emplois sur place. Mais à l’approche de la fermeture, aucune reprise n’a finalement abouti selon les informations rapportées par Actu.
Des salariés qui voient disparaître leur outil de travail
Pour les salariés, l’annonce a constitué un choc. Plusieurs témoignages recueillis lors de la mise en place du plan social faisaient état d’une forte inquiétude sur leur avenir et celui de leurs familles. En octobre 2025, 61 emplois étaient directement menacés, sans compter les intérimaires.
Le maintien de la production jusqu’en 2026 avait alors laissé espérer qu’un repreneur puisse reprendre le site et son personnel. Cette possibilité n’a toutefois pas débouché sur une solution pérenne.
Des mobilisations de salariés avaient également eu lieu à Pons pour contester la fermeture annoncée. Des représentants du personnel ont notamment défendu le maintien de la fabrication des madeleines sur place et dénoncé la disparition progressive d’un savoir-faire considéré comme historique.
Le dossier avait aussi dépassé le cadre local. En décembre 2025, le député de Charente-Maritime Fabrice Barusseau avait interrogé le gouvernement à l’Assemblée nationale sur l’avenir du site et de ses salariés. Il avait notamment dénoncé une décision qu’il attribuait à une logique de sous-investissement et d’arbitrages industriels du groupe. Ces accusations relevaient alors de son intervention parlementaire.
Que deviendra la marque Maison Colibri ?
La disparition de l’usine de Pons ne signifie pas nécessairement la disparition commerciale de Maison Colibri. La marque continue d’être commercialisée et demeure intégrée à Paticeo, qui regroupe plusieurs activités de pâtisserie industrielle.
Le site officiel présente encore Maison Colibri comme une marque fabriquée en Charente-Maritime et indique que ses produits sont élaborés dans l’atelier historique de Pons.
La question est donc désormais celle du devenir de la production et du savoir-faire historiquement associés à Pons. La fermeture annoncée du site pourrait mettre fin à 130 ans de fabrication de madeleines dans la commune, alors même que le nom Colibri reste associé à ce territoire.
Pour Pons, l’enjeu est aussi économique. La disparition de plusieurs dizaines d’emplois industriels constitue une perte importante pour cette commune de Haute-Saintonge, où l’usine représentait encore l’un des derniers grands témoins de son passé industriel.
en partenariat avec REGIEPRO


