Blocus des lycées à Angers : 7 interpellations, 8 blessés et des dégradations, la préfecture dresse le bilan d’une journée sous tension
La journée de mobilisation lycéenne du jeudi 1er octobre a été marquée par des blocages dans plusieurs établissements du Maine-et-Loire. Si la préfecture souligne que la majorité des rassemblements s’est déroulée dans le calme, des violences et des dégradations ont également été constatées à Angers, Avrillé et dans l’agglomération. Le bilan communiqué par le préfet fait état de huit personnes blessées et de neuf interpellations au total.

La mobilisation lycéenne, engagée depuis plusieurs jours, a connu une nouvelle journée de tension ce jeudi 1er octobre à Angers et dans plusieurs communes du Maine-et-Loire. Des lycées ont été bloqués ou perturbés, alors que les élèves mobilisés continuent de mettre en avant leurs revendications concernant les moyens accordés à l’Éducation nationale et leurs conditions d’études.
Mais cette journée a également été marquée par plusieurs épisodes de violences. Dans un bilan communiqué jeudi, le préfet de Maine-et-Loire François Pesneau souligne que la majorité des rassemblements devant les établissements scolaires s’est déroulée dans le calme, tout en faisant état de « plusieurs groupes d’individus » venus, selon les autorités, dégrader des établissements et des biens publics ou prendre à partie des personnels et des policiers.
La situation avait notamment été particulièrement tendue autour du lycée Chevrollier à Angers, mais aussi au lycée professionnel Paul-Émile-Victor à Avrillé et au lycée Henri-Dunant. Des incidents avaient également été signalés dans d’autres établissements de l’agglomération.
Huit personnes blessées au cours de la journée
Le bilan humain communiqué par la préfecture fait état de deux personnels de l’Éducation nationale blessés, tous deux en urgence relative. L’un d’entre eux a été transporté au centre hospitalier d’Angers.
Deux policiers ont également été blessés, tout en restant en service.
Quatre élèves ont par ailleurs été blessés, sans nécessiter de prise en charge par les secours. Parmi eux, deux auraient été molestés par des groupes de jeunes dans le but de leur voler leurs chaussures et leurs vêtements, selon le bilan préfectoral.
Ces chiffres viennent préciser les informations recueillies dans la matinée autour de plusieurs établissements. Au lycée Chevrollier, un enseignant avait notamment été signalé comme blessé lors d’une intrusion. Les premières informations disponibles faisaient état d’une blessure à la tête, mais les autorités ont depuis communiqué un bilan global faisant état de deux personnels de l’Éducation nationale blessés en urgence relative.
Paul-Émile-Victor et Henri-Dunant dégradés
Les dégâts matériels sont également importants.
Selon la préfecture, le lycée professionnel Paul-Émile-Victor à Avrillé et le lycée Henri-Dunant à Angers ont subi des dégradations. Les grilles et les portails d’accès ont notamment été endommagés. À Paul-Émile-Victor, des dégradations ont également été constatées à l’intérieur de locaux.
À Avrillé, le maire Philippe Bolo avait réagi dans la journée en condamnant « avec la plus grande fermeté » les actes de dégradation et de vandalisme commis au lycée. L’élu avait également apporté son soutien au proviseur et aux personnels de l’établissement, ainsi qu’aux forces de l’ordre et aux sapeurs-pompiers.
Le maire d’Avrillé avait toutefois insisté sur une distinction entre la mobilisation et les violences, estimant que la très grande majorité des lycéens ne se reconnaissait pas dans ces actes. Il appelait à « retrouver le calme et la raison ».
Des véhicules de police et de pompiers endommagés
Les dégradations ne se sont pas limitées aux établissements scolaires.
Un véhicule de police et deux véhicules de sapeurs-pompiers ont été dégradés, notamment avec des bris de vitres et de pare-brise, selon le bilan préfectoral.
Du mobilier urbain a également été touché. Plusieurs abribus ont été détruits ou fortement endommagés. Des feux de poubelles et de caddies ont par ailleurs été allumés sur la voie publique.
Ces incendies n’ont heureusement pas provoqué de propagation, notamment grâce à l’intervention des sapeurs-pompiers.
La situation autour de Chevrollier avait déjà été tendue mercredi avec des feux de caddies et de palettes et quatre interpellations.
Des tirs de mortiers d’artifice contre les forces de l’ordre
La préfecture indique également que certains policiers ont été pris à partie, notamment avec des tirs tendus de mortiers d’artifice.
Ces faits ont contribué à la mobilisation importante des forces de sécurité autour des établissements concernés. Le préfet François Pesneau condamne « fermement » les violences et les dégradations et appelle les jeunes présents aux abords des lycées à ne pas participer aux incendies, dégradations ou agressions.
Il demande également aux parents d’échanger avec leurs enfants sur les risques liés à leur participation éventuelle aux violences, notamment lorsque des groupes utilisent des aérosols ou des mortiers d’artifice.
Neuf interpellations au total
Sur le plan judiciaire, sept interpellations ont été réalisées par les forces de police en lien direct avec les événements de ce jeudi.
Deux autres interpellations concernent des faits antérieurs.
Le bilan communiqué par la préfecture porte donc à neuf le nombre total d’interpellations réalisées dans ce cadre, dont sept directement liées aux événements de la journée.
Le préfet rappelle que le droit de manifester doit s’exercer dans le respect de la loi et que les violences, dégradations et agressions physiques sont susceptibles de donner lieu à des interpellations et à une présentation devant l’autorité judiciaire.
La CFDT : entendre les revendications, mais condamner les violences
Dans la journée, la CFDT Maine-et-Loire avait également réagi à la mobilisation. Le syndicat se dit inquiet de la situation dans les lycées mais appelle parallèlement à entendre les revendications portées par les élèves.
Pour la secrétaire générale Éléonore Crosnier, les difficultés des lycées professionnels, technologiques et généraux sont réelles. La CFDT évoque notamment le manque de professeurs et de personnels éducatifs et sociaux ainsi que des locaux parfois inadaptés.
Le syndicat condamne toutefois « toute violence d’où qu’elle vienne » et juge inacceptables les dégradations, les incendies, les saccages et les violences contre les personnes.
La CFDT estime que la réponse doit avant tout être politique et passer par le dialogue avec la jeunesse.
Le RN dénonce une « instrumentalisation » politique
De son côté, le Rassemblement national de Maine-et-Loire, par la voix de son délégué départemental Meidhy Lelandais, a dénoncé les violences et les dégradations observées autour de plusieurs établissements.
Dans son communiqué, le responsable départemental du RN affirme que La France insoumise « tire les ficelles » du mouvement à travers les organisations lycéennes et étudiantes. Il s’agit d’une accusation politique formulée par le RN, qui n’est pas présentée comme un fait établi par la préfecture.
Le RN appelle les lycéens à porter leurs revendications de manière pacifique et affirme que les désaccords politiques doivent se régler « par les idées, le débat et les urnes ».
Christophe Béchu appelle également au calme
À Angers, le maire Christophe Béchu avait lui aussi condamné les violences et les dégradations commises en marge des mobilisations. Il avait déclaré que « la violence n’aura jamais sa place à Angers » et appelé à la responsabilité.
Cette réaction intervient après plusieurs journées de mobilisation et alors que plusieurs établissements de l’agglomération ont été concernés par des blocages.
« Une majorité des rassemblements dans le calme »
Dans son bilan, le préfet François Pesneau insiste sur un point : tous les rassemblements n’ont pas donné lieu à des violences.
La préfecture souligne que la majorité des rassemblements devant les établissements scolaires s’est déroulée dans le calme et dans le respect des élèves et des institutions. Les violences ont, selon elle, été le fait de plusieurs groupes d’individus qui se sont constitués autour de certains établissements.
Cette distinction est importante alors que les blocages ont continué à s’étendre dans le département. À Saumur, Cholet, Beaupréau et dans d’autres communes du Maine-et-Loire, des lycéens ont également participé à la mobilisation, avec des situations différentes selon les établissements.
Le préfet remercie policiers, pompiers et personnels mobilisés
Face à cette journée agitée, les services de l’État ont été mobilisés pour assurer la sécurité des élèves, des personnels de l’Éducation nationale et des riverains.
François Pesneau remercie les personnels de l’Éducation nationale, les forces de sécurité intérieure, les sapeurs-pompiers, les professionnels de santé ainsi que l’ensemble des agents publics mobilisés pour leur « dévouement et leur professionnalisme ».
Le préfet appelle désormais chacun à la responsabilité, en particulier les jeunes participant aux rassemblements, afin que le droit de manifester puisse s’exercer sans violences ni dégradations.
en partenariat avec REGIEPRO


