
Alors que les blocages se poursuivent dans plusieurs lycées de l’agglomération d’Angers, les réactions politiques et syndicales se multiplient. La CFDT Maine-et-Loire demande que les revendications des lycéens soient entendues tout en condamnant les violences. À Avrillé, le maire Philippe Bolo réagit fermement après les dégradations commises au lycée Paul-Émile-Victor. Le RN dénonce de son côté une supposée instrumentalisation politique du mouvement.
La mobilisation lycéenne se poursuit ce jeudi 1er octobre à Angers et dans l’agglomération. Depuis mardi, plusieurs établissements sont concernés par des blocages ou des rassemblements, notamment les lycées Chevrollier, Auguste et Jean Renoir à Angers, Jean-Bodin aux Ponts-de-Cé et Paul-Émile-Victor à Avrillé. La matinée de jeudi a de nouveau été marquée par plusieurs incidents et interventions des forces de l’ordre.
Derrière ces mobilisations, les lycéens mettent notamment en avant leurs conditions d’études, le manque de moyens et les conditions d’apprentissage. Mais les incidents survenus ces derniers jours autour de certains établissements ont progressivement placé la question des violences et des dégradations au cœur des réactions politiques.
À Avrillé, Philippe Bolo condamne « avec la plus grande fermeté »
Le lycée professionnel Paul-Émile-Victor, situé à Avrillé, est lui aussi concerné par le mouvement. Après les actes de dégradation et de vandalisme commis dans le cadre de la mobilisation, le maire d’Avrillé, Philippe Bolo, a publié ce jeudi 1er octobre un communiqué dans lequel il condamne « avec la plus grande fermeté » ces faits, qu’il qualifie d’« inacceptables et inexcusables ».
« Ces actes ne doivent pas être banalisés. Ils ne sauraient être considérés comme une forme d’expression ou de contestation acceptable », écrit l’élu dans ce communiqué.
Philippe Bolo tient cependant à distinguer les actes de violence des revendications portées par les lycéens. Il estime que « la très grande majorité des lycéens ne se reconnaît pas dans cette violence », laquelle, selon lui, porte atteinte à leur établissement et discrédite les revendications qu’ils souhaitent faire entendre.
« Mettre le feu à son lycée est profondément contradictoire avec la volonté de bénéficier de meilleures conditions d’apprentissage et de disposer de davantage de moyens pour préparer son avenir », ajoute le maire d’Avrillé.
« Une mobilisation peut être légitime. La violence, elle, ne l’est jamais »
Dans son communiqué, Philippe Bolo affirme que « la violence doit cesser » et rappelle qu’elle « n’est jamais une réponse » ni « un moyen d’expression ».
L’élu apporte également son « soutien plein et entier » aux forces de l’ordre et aux sapeurs-pompiers mobilisés, ainsi qu’aux services municipaux qui interviennent pour protéger les personnes et les biens et faire respecter « les principes fondamentaux de l’État de droit ».
Le maire adresse également son soutien au proviseur du lycée Paul-Émile-Victor et à l’ensemble des personnels administratifs, éducatifs et techniques, qu’il décrit comme « profondément choqués par ces événements ».
« Ils sont chaque jour engagés au service de nos jeunes et de leur réussite », souligne-t-il.
Philippe Bolo pense également aux riverains du lycée, confrontés, selon son communiqué, « malgré eux, à des scènes de violence et à une situation particulièrement inquiétante ». Il appelle désormais « à la responsabilité de chacun ».
La CFDT veut entendre les revendications des lycéens
Cette réaction intervient alors que la CFDT Maine-et-Loire appelle elle aussi à la fin des violences, mais insiste sur la nécessité de ne pas évacuer les revendications exprimées par les jeunes.
Dans un communiqué signé par sa secrétaire générale Éléonore Crosnier, le syndicat indique être « inquiet de la situation dans les lycées » et condamne « toutes les violences ». La CFDT estime toutefois que la parole des lycéens est trop souvent insuffisamment entendue.
Le syndicat met notamment en avant les difficultés rencontrées dans les lycées professionnels, technologiques et généraux, avec le manque de professeurs et de personnels éducatifs et sociaux ainsi que des locaux parfois inadaptés.
Pour la CFDT, les revendications portant sur les conditions de scolarité et d’études doivent donc être entendues. Le syndicat condamne parallèlement les « dégradations, saccages, incendies, violences contre les personnes » et juge que ces faits sont inacceptables.
La CFDT critique également certaines interventions policières qu’elle estime susceptibles de manquer de discernement et appelle à privilégier une réponse politique et le dialogue avec la jeunesse plutôt qu’une réponse « sécuritaire et médiatique ».
Le RN accuse La France insoumise de « tirer les ficelles »
Le Rassemblement national de Maine-et-Loire adopte une position différente. Dans un communiqué publié ce jeudi, son délégué départemental Meidhy Lelandais reconnaît que certaines revendications « peuvent être légitimes » mais affirme que La France insoumise « tire les ficelles » du mouvement à travers les organisations lycéennes et étudiantes.
Il dénonce notamment les dégradations, incendies et violences observés ces derniers jours à Angers et Avrillé et estime que la mobilisation aurait dépassé, dans certains endroits, le cadre d’une simple contestation lycéenne.
Le responsable départemental du RN appelle les parents, les personnels de l’Éducation nationale et les responsables politiques à rappeler aux lycéens que leurs revendications doivent pouvoir être exprimées « pacifiquement » et « en toute indépendance ».
Cette accusation d’une intervention de La France insoumise dans le mouvement relève de la position politique du RN. Les mobilisations sont également portées par des organisations lycéennes et étudiantes qui mettent en avant leurs propres revendications sur les conditions d’études et les moyens consacrés à l’Éducation nationale.
À Angers, Christophe Béchu condamne également les violences
À Angers, le maire Christophe Béchu a lui aussi réagi aux incidents. Il a déclaré que « la violence n’aura jamais sa place à Angers » et condamné fermement les violences et les dégradations commises en marge des mobilisations dans les lycées.
Le maire angevin a également appelé au calme et à la responsabilité, dans un contexte où plusieurs établissements de l’agglomération ont été concernés par des blocages et où des incidents ont nécessité l’intervention des forces de l’ordre.
Deux sujets désormais au cœur du débat
Les réactions recueillies depuis le début du mouvement font apparaître deux sujets qui se superposent désormais. D’un côté, les conditions de scolarité et les revendications portées par les lycéens. De l’autre, les dégradations, incendies, intrusions et violences signalés autour de certains établissements.
À Avrillé, Philippe Bolo résume sa position en une formule : « Une mobilisation peut être légitime. La violence, elle, ne l’est jamais. » Il estime que le dialogue, le respect des personnes et l’État de droit doivent primer sur les affrontements.
La CFDT tient une ligne proche sur la condamnation des violences, mais insiste davantage sur la nécessité d’écouter les revendications de la jeunesse. Le RN met, lui, l’accent sur les dégradations et sur ce qu’il présente comme une récupération politique du mouvement.
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